Afrique: quand un journal allemand dénonce le scandale d’Areva au Niger

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Le 26/09/2017 à 14h04, mis à jour le 26/09/2017 à 14h52

L’exploitation de l’uranium au Niger par la société française cause de graves problèmes aux populations de ce pays considéré comme l’un des plus pauvres du monde. Le journal allemand «Neues Deutchland» parle d’un scandale «inexcusable».

Kiosquele360 Afrique. L’exploitation depuis 1968 de l’uranium nigérien par la puissante entreprise française Areva, anciennement Cogema, a toujours été entachée de scandales. Outre les impacts environnementaux, il y a aussi et surtout le caractère stratégique de l’uranium pour la France qui fait que Paris a toujours accordé une importance cruciale à l’exploitation de l’uranium au Niger, avec des implications dans la gestion politique de ce pays.

Selon le journal Neues Deutschland, cité par camerpost.com, l’exploitation de l’uranium au Niger par Areva est un scandale «inexcusable». Au niveau environnemental, les ravages de cette exploitation sur les populations de la région sont considérables.

Interrogeant Amoustapha Alhacen, président de l’organisation non gouvernementale Aghir in Man, qui se bat contre al contamination de l’eau et des sols par les déchets radioactifs, celui-ci explique que plusieurs travailleurs du site sont morts au début de l’exploitation de la mine parce qu’ils manipulaient de l’uranium radioactif à mains nues. Et le seul conseil qu’on donnait à ces travailleurs était de «se laver les mains avant de manger». Une situation qui a entraîné la mort de plusieurs salariés nigériens du groupe. Selon Alhacen, cité par le journal allemand, «entre 1998 et 2000, on a dénombré parfois plusieurs morts par jour».

A cause des dénonciations des ONG, le groupe Areva a fini par apporter quelques changements visant à améliorer la protection de ses salariés et s’est engagé à nettoyer les déchets radioactifs. Toutefois, pour le président de l’ONG nigérien, «rien n’a bougé depuis 2014».

Pour lui, si les 2.600 salariés du groupe gagnent bien leur vie, des centaines d’autres ne gagnent que 30 euros par mois et n’ont accès ni à l’électricité, ni l’eau.

Cette situation dénoncée par les ONG nigériennes n’a pas empêché Arava, contrôlé par l’Etat français à hauteur de 80%, de prolonger son contrat d’exploitation avec le gouvernement nigérien. Le seul problème qui demeure pour Areva reste la hausse de l’impôt qui devrait passer de 5,5% à 12%, une misère pourtant pour le groupe français qui tire 40% de son approvisionnement mondial d’uranium du Niger.

Le Niger, 4e producteur mondial d’uranium, est loin de tirer profit de cette ressource énergétique. Outre les impacts environnementaux négatifs sur les populations, l’uranium ne profite pas aux Nigériens. En effet, une personne sur dix seulement a accès à l’électricité. 

Par Kofi Gabriel
Le 26/09/2017 à 14h04, mis à jour le 26/09/2017 à 14h52