Covid-19. Le Pr Didier Raoult: les formes actuelles des cas de nouveau coronavirus sont davantage «bénignes»

Le Pr Didier Raoult, Directeur de l’Institut Méditerranée Infection de Marseille. . DR

Le 19/08/2020 à 16h59, mis à jour le 20/08/2020 à 16h00

Interrogé par la chaîne de télévision française CNews, l'infectiologue marseillais Didier Raoult a répondu à de nombreuses questions sur le coronavirus, l'augmentation du nombre de cas, les formes actuelles de la maladie et le traitement à base d'hydroxychloroquine.

Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection de Marseille, a accordé ce mercredi 19 août une interview à CNews. Pour lui, la hausse du nombre de cas de contamination est une conséquence directe de l'augmentation des dépistages. «Plus vous testez, plus vous trouvez de cas», a-t-il expliqué, ajoutant que cette maladie allait «rentrer dans le paysage». 

Le professeur indique également que la maladie a évolué. Selon l'infectiologue marseillais, les formes actuelles des cas de nouveau coronavirus sont davantage «bénignes». Il n'y a «plus du tout de troubles de la coagulation» et «la proportion des gens hospitalisés est beaucoup plus faible», a-t-il souligné.

Ainsi, au niveau de l'unité qu'il dirige, 1.000 cas ont été diagnostiqués depuis juin et un seul décès a été enregistré.

Pour lui, «cette maladie n'est pas plus mortelle que les autres, son taux de mortalité est bien en dessous des 2% [...] Le souci vient de notre manque de connaissance vis-à-vis du coronavirus», indique-t-il.

Enfin, cet entretien est aussi l'occasion pour le professeur marseillais de revenir sur la polémique relative au traitement associant hydroxychloroquine et azithromycine.

«Ceci restera dans l’histoire de la médecine. Je pèse mes mots. On parlera encore dans un siècle de l’histoire qui a fait penser que l’hydroxychloroquine pouvait tuer entre 10 et 30% des gens quand elle a été prescrite. Personne ne pourra croire qu’il s’est passé une crise de cette nature-là tellement elle est folle. Donc, qu’est-ce qui a rendu les gens tellement fous à ce moment-là? Au point qu'ils ont été pris à croire qu’une molécule vieille de 70 ans et qui a été prescrite à des milliards de personnes était devenue totalement toxique? C’est quelque chose qui témoigne d’un profond problème aussi bien de la manipulation des esprits, de l’ignorance, de l’incompétence qui laissera une trace dans tout le siècle à venir», a-t-il martelé.

Et pour justifier l'efficacité de ce traitement, il avance le taux de létalité de 0,45% enregistré au sein de son unité hospitalière, expliquant que l'association hydroxychloroquine et azithromycine reste jusqu'à présent le traitement de référence.

Rappelons qu'en Afrique, le traitement popularisé par le Pr Didier Raoult est le plus utilisé. Le continent compte 1.137.262 cas officiels, dont 859 974 guérisons et 26.327 décès, soit un taux de létalité de 2,31%, contre une moyenne mondiale de 3,53% (777.018 décès pour 21.991.954 cas au niveau mondial). D’ailleurs, les pays africains ont globalement refusé d’abandonner le protocole à base de l’hydroxychloroquine et l’azithromycine comme le conseillait l’OMS.

Par Moussa Diop
Le 19/08/2020 à 16h59, mis à jour le 20/08/2020 à 16h00