Il y a eu plus de peur que de mal concernant la note de la BAD. Après s’être inquiétée du niveau d’endettement de l’institution panafricaine, menaçant même de réviser la perspective de «stable» à «négative», à défaut d’une dégradation de la note, l’agence internationale de notation Fitch a finalement maintenu la note ”AAA” de la BAD avec des perspectives «stables». Une note qui traduit la forte capacité de la banque à faire face à ses engagements financiers.
Fitch explique que le maintien de cette note est principalement dû au soutien sans faille des 80 Etats membres de la BAD dont 26 pays non africains. «La BAD bénéficie du ferme soutien de ses 80 États membres qui comprennent 26 pays non africains jouissant d’une cote moyenne de qualité élevée. Le capital exigible souscrit par les États membres bénéficiant d’une notation ‘AAA’, dont les plus importants sont les États-Unis, l’Allemagne et le Canada. À fin 2016, il couvrait entièrement la dette nette de la banque, étayant l’évaluation ”AAA” afférente à la capacité des actionnaires à soutenir la Banque», souligne Fitch.
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Pourtant, l’agence avait alerté quelques jours plutôt sur l’endettement rapide de la BAD. Un endettement qui s’explique par la forte croissance des prêts alloués par la banque au cours de ces deux dernières années. En effet, l’institution est engagée dans un programme de financement de 5 domaines prioritaires: énergie, agriculture, industrialisation, intégration et développement du capital humain.
Seulement, si la BAD souhaite maintenir le rythme de ses prêts à destination du continent, il faudra obligatoirement qu’elle augmente son capital social pour ne pas détériorer ses ratios financiers. Si une augmentation de capital n’est pas réalisée d’ici 2019, «la dette ne sera pas entièrement couverte par le capital exigible par les pays jouissant d’une notation ”AAA”».
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A défaut de cette augmentation de capital, la BAD sera dans l’obligation de freiner ses prêts aux pays africains afin de préserver ses ratios de solvabilité. Ce qui risque de porter préjudice à son programme de financement prioritaire du continent
En conséquence, une épée de Damoclès est désormais suspendue au-dessus de l’institution panafricaine qui risquerait de perdre son triple ”A” en cas d’échec au niveau de l’augmentation de son capital, loin d’être acquis dans un contexte mondial difficile.