Politique

Côte d’Ivoire: Sylvain Takoué débarque avec son "Yes we can" pour la présidentielle de 2020

A quatre ans de la présidentielle de 2020, la Côte d’Ivoire enregistre une première candidature. Une annonce précoce qui aura le mérite de remettre au goût du jour les enjeux de ce scrutin auquel ne prendra pas part Alassane Ouattara. Son slogan "Nous pouvons" a un air de déjà vu.

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 28/12/2016 à 09h26, mis à jour le 28/12/2016 à 09h30
Sylvain Takoue le journaliste devient le premier candiat à la présidentielle de 2020
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L’histoire retiendra que Sylvain Takoué a été la première personne à officialiser sa candidature pour l’élection présidentielle de 2020. Le journaliste écrivain qui s’était illustré par ses pamphlets virulents contre le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo, puis contre celui d’Alassane Ouattara, reste un parfait anonyme de la scène politique qui espère ébranler le paysage politique ivoirien.

De son parcours politique, l’on sait qu’il fut secrétaire général du PICD (parti ivoirien de citoyens démocrate) une formation politique tout aussi inconnue. Et durant la présidentielle de 2015, il avait apporté son soutien à Affi N’Guessan, le leader du FPI. L’homme entend mettre en place un mouvement politique dénommé «Nous pouvons» qui n’est pas sans rappeler un slogan d’outre-Atlantique, le fameux "Yes we can" qui avait fait élir Obama en 2008.

«Nous prenons aujourd’hui cet engagement devant l’Histoire. Notre pays, la Côte d’Ivoire, a fléchi les genoux et a baissé la tête. Il se sent vaincu, il est à bout de souffle (…).Nous devons pourtant avancer sur le chemin du 21e siècle avec ce pays essoufflé et éreinté (…) Et fatigué aussi des miroitements sans lendemain qui laissent le peuple ressasser seul ses angoisses existentielles», a argumenté le journaliste dans un long texte publié ce mardi.

Il s’est ensuite déchaîné contre une classe politique accusée de vivre «grassement avec l’argent de tous», qui a «perdu l’instinct de rendre tout simplement les gens heureux» et qui «règne mais ne dirige pas».

Auteur de quatre ouvrages dont «Gbagbo le petit» en 2009 et «Le faux messie» qui critique Ouattara en (2015), le journaliste à la grande gueule avait dû s’exiler après la publication de ce dernier livre en évoquant des menaces contre sa personne. Takoué qui se présente lui-même comme un «pamphlétaire» a expliqué ses prises de position dans une interview en 2015. «Quand tu viens au pouvoir, (…), j’attends que tu étales tes failles pour te les faire savoir de façon cinglante afin que le peuple prenne, sur cette base, ses responsabilités pour prendre au collet le dirigeant ainsi cloué au pilori. C’est tout. Chacun a son travail».

L’après Ouattara aiguise les appétits

Cette annonce rappelle précocement à la mémoire l’enjeu de la prochaine présidentielle qui se tiendra sans Alassane Ouattara. La désignation de son successeur pour le compte de la coalition du RHDP reste taboue et fait planer beaucoup d’incertitudes quant à la capacité de groupement à trouver un candidat consensuel. Et avec les législatives qui ont vu la percée des candidats du pouvoir ayant raflé le tiers des 255 sièges, la coalition semble avoir du mal à réaliser son unité et ne fait plus absolument recette.

A défaut d’une opposition suffisamment forte, l’on devrait s’attendre à voir d’autres ambitions présidentielles éclore. Lors du scrutin d’octobre 2015, neuf candidats s’étaient présentés contre Ouattara. 

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 28/12/2016 à 09h26, mis à jour le 28/12/2016 à 09h30