Société

Côte d’Ivoire-CIMAF: le gouvenement détruit des installations de Séfrioui

L’entrée de l’usine du cimentier Cimaf, à Abidjan, a été rasée sur injonction des services du ministère ivoirien des Infrastructures économiques. Les dégâts sont chiffrés à 1 milliards FCFA soit 1,52 million d’euros. L’entreprise compte porter l’affaire devant les juridictions.

Par Georges Moihet (Abidjan, correspondance)
Le 17/08/2016 à 17h05, mis à jour le 18/08/2016 à 17h49
CIMAF
DR

Se sentant défié par les responsables de l’usine Ciments de l’Afrique, le gouvernement ivoirien a procédé à la destruction de plusieurs installations appartenant au groupe du milliardaire marocain Anas Sefroui. En effet, l’entrée de l’usine Cimaf, située en bordure de la voie principale qui mène à la zone industrielle de Yopougon, la plus grande d’Abidjan, a été détruite dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 aôut dernier à coups de Caterpillar, en présence d’un important détachement des forces de l’ordre.

Une source autorisée au ministère ivoirien des Infrastructures économiques, assure au site Connexion ivoirienne "avoir agi dans les règles de l’art et avec même l’autorisation du Premier ministre Daniel Kablan Duncan". Le même site affirme que, d’après le ministère, plusieurs "usagers et des riverains se sont plaints par rapport aux nuisances et embouteillages créés par l’occupation de l’emprise routière", alors que "selon les textes, il faut au moins 20 mètres entre une installation privée et la voie publique ou le domaine public", affirme toujours la même source.

En réalité, les autorités ivoiriennes reprochent aux responsables de la Cimaf leur défiance. "L’entreprise n’a pas traité avec sérieux la lettre datant du mois de juin 2016, prévenant d’une destruction de la clôture sous une trentaine de jours". Toujours selon ce journal, le marquage «à démolir» de la clôture litigieuse, aurait été effacé en guise de défiance. Alors que le courrier de juin valait "dernière mise en demeure".

Interrogé sur le mode opératoire nocturne, la même source affirme "n’avoir aucune explication à donner" au sujet d’une action légitime. 

Le fait est que l’usine construite sur un lopin de terre entouré d’une sorte de marécage, avait débordé les limites de son domaine foncier en occupant le domaine public bordant la voie. Laquelle voie était devenue exigüe vu le développement des activités industrielles dans le secteur, occasionnant de fréquents embouteillages.

Evidemment, auprès de la Cimaf, on ne l’entend pas de cette oreille. Selon un responsable préférant garder l’anonymat, la mise en demeure, adressée au directeur général de Cimaf, demandait à l’entreprise de «prendre toutes les dispositions et précautions idoines afin de faciliter cette opération qui pourra être entreprise à tout moment à compter de ce jour, (le 12 août, ndlr)». Sauf que la décision a été exécutée le jour suivant nuitamment "sans donner l’occasion à l’entreprise d’engager la moindre démarche" afin de négocier une éventuelle solution alternative ou proposer des délais, se plaint-t-on du côté de Cimaf.

"Le lundi suivant étant férié pour cause d’Asomption, la Cimaf s’apprêtait à engager les démarches auprès du ministère dès ce mardi (hier 16 août, ndlr)", indique la même source qui ne décolère pas.

Quoi qu’il en soit, la clôture, les portes métalliques, des conteneurs et d’autres infrastructures construites sur l’espace litigieux ont été détruits. Dans l’opération plusieurs documents administratifs sont perdu : le préjudice est estimé à 1 milliard FCFA, soit 1,524 million d’euros.

Enfin, une source officielle du groupe Séfroui a contacté le360 Afrique pour expliquer que "la démolition de la clôture vise l'élargissement de la route",...

Par Georges Moihet (Abidjan, correspondance)
Le 17/08/2016 à 17h05, mis à jour le 18/08/2016 à 17h49