L’ambition? Faire de la culture un «rempart contre l’oubli» et une arme de construction massive pour l’esprit critique des jeunes générations. Loin des spectateurs passifs, le festival les invite à «penser» et à «faire». Pour comprendre cette démarche, il faut remonter aux origines du concept.
«Nous pensons que l’art peut être un vecteur de communication, de pédagogie et de rassemblement. Donc, ce festival rassemble les gens et les genres parce que ce sont différentes disciplines qui sont mises en valeur comme la danse, le cinéma et la mode», explique, Franck Noël, alias «No», Directeur du festival et triple champion du slam du Gabon
Cette volonté pédagogique s’incarne pleinement dans la programmation de la première semaine, transformant les salles du musée en ateliers d’apprentissage et de débat.
La danse contemporaine à l’heure de l’introspection
Mercredi 4 février, l’énergie s’est concentrée sur la danse. Une table ronde réunissant professionnels et passionnés a posé les jalons d’une réflexion essentielle: comment assurer le rayonnement de la danse contemporaine gabonaise? Parmi les voix entendues, celle d’Iris Zang, danseuse interprète, a rappelé les racines souvent intimes d’une vocation.
«Comme tout enfant, très jeune pendant les événements familiaux, notamment les mariages, j’étais toujours sollicitée pour des petites chorégraphies qu’on appelait les ballets. Devenue grande, j’ai été influencée par la danseuse Gaëlle Ipounda qui a suscité en moi l’envie de poursuivre l’aventure. Et je me suis professionnalisée dans la danse contemporaine.»
Son témoignage résonne avec la mission centrale du festival: montrer que l’art est un métier exigeant. Des ateliers d’initiation au mannequinat à la conférence sur l’inclusion sociale, chaque activité vise à professionnaliser la passion, à lui donner les outils pour durer et briller.
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Les discussions ont ensuite pris une tournure plus stratégique. Il s’agissait de passer du rêve à la structuration, d’identifier les défis pour construire l’avenir. Hussein Bikoro, artiste-danseur-chorégraphe, a apporté une analyse économique et infrastructurelle cruciale.
«L’idée ici c’est de travailler sur les problématiques du secteur danse et de voir comment avoir quelques éléments de solution. Donc j’ai présenté le côté infrastructurel de la danse dans son aspect économique et vecteur d’emplois.»
Un diagnostic partagé par Arnaud Ndomba, danseur et chorégraphe, pour qui cette rencontre était un passage obligé.
«Cette table ronde sur le rayonnement de la danse est un état des lieux de nos faiblesses et performances par rapport à la danse. Aujourd’hui, il fallait sortir les zones d’ombre pour aller de l’avant.»
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Sortir des zones d’ombre pour avancer: la métaphore colle parfaitement à l’esprit «Lumière du monde». En éclairant les pratiques, les défis et les réussites, le festival participe à construire un écosystème artistique plus solide et visible.
Parrainée par le monument de la culture gabonaise, Pierre Claver Akendengue, cette édition puise dans les héritages pour inspirer l’audace des créations contemporaines. Jusqu’au 28 février, le Festival Black History Arts continue son voyage à travers les arts, affirmant que la diversité culturelle n’est pas seulement une richesse à contempler, mais une énergie vive à partager, à penser et à façonner collectivement.



