En Afrique du Sud, 0,1% des entreprises paient 66% de l’impôt sur les sociétés

2e Afrique du Sud: PIB de 380 milliards de dollars en 2023, 403 milliards en 2024e et 476 milliards en 2029p.

Le 03/02/2026 à 18h07

La base fiscale de l’Afrique du Sud est extrêmement concentrée avec 0,1% des entreprises qui s’acquittent de plus de 66% de l’ensemble de l’impôt sur les sociétés, selon des données du service des impôts (SARS).

«Cela signifie que 1.195 entreprises paient chaque année plus de 200 milliards de rands d’impôts, faisant de l’impôt sur les sociétés la source de recettes publiques la plus concentrée en Afrique du Sud», écrit mardi Dailyinvestor.

La base de l’impôt sur les sociétés du pays est, par conséquent, vulnérable aux chocs externes, car elle repose sur un nombre relativement restreint d’entreprises pour générer des recettes fiscales.

Cela signifie également que le gouvernement ne peut pas augmenter l’impôt sur les sociétés, car une telle hausse entraînerait probablement une baisse des recettes de l’État, les entreprises cherchant à minimiser leur charge fiscale.

Les données du SARS, révélées dans les Statistiques fiscales 2025, montrent que l’impôt sur les sociétés demeure la troisième source de revenus publics, derrière l’impôt sur le revenu des personnes physiques et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Toutefois, la part des recettes fiscales provenant de l’impôt sur les sociétés a diminué au cours de la dernière décennie, note le journal, précisant que ledit impôt représentait, au cours de l’exercice financier 2024/25, quelque 17,4% des recettes publiques totales, soit un niveau nettement inférieur aux 26,7% enregistrés en 2008/09.

Le SARS a indiqué que la contribution de l’impôt sur les sociétés aux recettes publiques globales est en déclin depuis la crise financière mondiale de la fin des années 2000, soutenant que cette contreperformance est en grande partie due à l’impact du délestage électrique et de la stagnation de l’économie.

Le secteur minier, historiquement le principal contributeur à l’impôt sur les sociétés, a subi une pression considérable au cours des vingt dernières années, poursuit le quotidien, relevant que, malgré de courtes périodes durant lesquelles des booms des matières premières ont fait bondir les profits, la contribution globale du secteur aux recettes fiscales est en déclin.

En revanche, le secteur de l’intermédiation financière, des assurances, de l’immobilier et des services aux entreprises a représenté plus de 37% de l’ensemble de l’impôt sur les sociétés en 2024/25, ce qui illustre l’ampleur des transformations de l’économie sud-africaine au cours des deux dernières décennies.

Les données du SARS montrent également la pression considérable qui pèse sur l’économie sud-africaine, le nombre d’entreprises enregistrées pour payer l’impôt ayant diminué de plus de 500.000 au cours du dernier exercice financier.

Les recettes de l’impôt sur les sociétés pour l’exercice 2024/25 n’ont augmenté que de 6,4 milliards de rands en glissement annuel, malgré l’intensification des efforts de recouvrement du SARS.

En outre, les données montrent que la grande majorité des entreprises sud-africaines enregistrées à des fins fiscales n’affichent pas de revenu imposable positif, puisque seules 21,7% d’entre elles ont déclaré un revenu imposable positif, tandis que 54% n’avaient aucun revenu imposable, et les 24,3% restantes ont déclaré une perte.

Par ailleurs, seules 630 grandes entreprises, représentant 0,2% de celles ayant un revenu imposable positif, étaient responsables de 59,6% de l’impôt évalué, avec en moyenne un revenu imposable supérieur à 200 millions de rands, tandis que 1.195 entreprises ayant déclaré un revenu imposable supérieur à 100 millions de rands s’acquittent de plus de 66,4% de l’ensemble de l’impôt sur les sociétés du pays.

Par Le360 Afrique (avec MAP)
Le 03/02/2026 à 18h07