À Conakry, les artisans spécialisés dans la vente d’objets d’art ont pour principale clientèle, les touristes. Mais dernièrement, leurs produits, souvenirs et œuvres artisanales, peinent à trouver preneurs. Cette situation inquiète Kabinet Doumbouya, revendeur d’objets d’art depuis plusieurs décennies, «nos activités sont paralysées, la vie devient très difficile. Les étrangers, qui étaient nos principaux acheteurs, sont désormais absents. Ils ne viennent plus. Sous le régime de Lansana Conté, notre commerce prospérait, mais depuis les changements de gouvernement, tout est devenu plus complexe. L’État doit mettre en place des politiques pour attirer les touristes.»
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Le constat est préoccupant: les sites touristiques sont déserts. Les échoppes et stands des artisans, situés dans les quartiers les plus touristiques de la ville, comme Ratoma ou Kakimbo, sont vides. De nombreux artisans guinéens envisagent de fermer leur boutique.
«Cette crise nous affecte profondément. Par exemple, cela fait plus de quatre mois que nous n’avons pas payés les frais de location de nos boutiques. Le travail manque. Nous passons nos journées ici pour ne vendre qu’un seul article. Seuls quelques Guinéens achètent des objets à 20.000 francs, mais cela ne suffit pas», témoigne Kabinet Doumbouya.
Certains artistes, faute d’espace et de moyens, exposent leurs œuvres en pleine rue. C’est le cas de George Dioubaté, un artiste peintre qui brave chaque jour l’insécurité, la pluie et le vent dans l’espoir de trouver des acheteurs... introuvables. Le secteur de la vente d’objets d’art, particulièrement vulnérable en raison de la baisse de la fréquentation touristique, appelle à des mesures urgentes pour soutenir les artisans face à cette crise.