Politique

Mauritanie-CEDEAO: le Maroc opte pour l'adhésion son voisin signe pour l'association

La Mauritanie et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) ont conclu ce vendredi à Nouakchott, un accord d'association. Une signature qui intervient au moment où le Maroc sollicite une adhésion à cet ensemble régional.

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 05/05/2017 à 17h14, mis à jour le 05/05/2017 à 18h04
Accord d'association Mauritanie/CEDEAO

La Mauritanie et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont signé vendredi à Nouakchott, un accord d’association au terme de plusieurs mois de négociations conduites par le ministre du Commerce, de l’industrie et du tourisme, Mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass et le président de la commission de la CEDEAO, MarcelAlain de Souza.

Le nouvel accord porte sur «le renforcement de la coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment l’institution d'une zone de libre échange, l’application d’un Tarif extérieur commun (TEC), la promotion de la libre circulation des personnes et le développement d’une politique commerciale commune qui vont favoriser l’accroissement des échanges à l’intérieur de la région et la création du marché commun de l’Afrique de l’Ouest», explique une déclaration publiée à l’issue de la signature.

Cet accord apparaît comme l’aboutissement d’une décision de la conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO, tenue en mars 2014, qui a donné mandat au président de la commission en vue d’ouvrir des négociations avec la Mauritanie dans la perspective d’un accord d’association.

«Après de longues discussions, nous avons trouvé des solutions aux principales questions concernant la clause de la nation la plus favorisée et les problèmes liés à la sécurité», a déclaré le président de Souza, à l’issue d’une rencontre avec le premier Ministre mauritanien, Yahya Ould Hademine.

Expliquant les conséquences de l’accord du 05 mai 2017 sur le quotidien des populations, opérateurs économiques et entreprises, le président de la commission de la CEDEAO a souligné que celui-ci implique «une liberté de circulation des personnes et des biens, des capitaux, d’établissement des ressortissants des pays membres dans les mêmes conditions que les nationaux, la suppression des barrières douanières, avec la perspective d’une monnaie commune dans les prochaines années...».

Par ailleurs, en paraphant cet accord d’association «la Mauritanie et la CEDEAO s’engagent à poursuivre les efforts en vue de la finalisation de la signature de l’accord de partenariat entre l’Afrique de l’ouest et l’Union Européenne (UE), ainsi que sa mise en œuvre pour le développement de l’économie régionale».

L’esprit de l’accord d’association Mauritanie-CEDEAO vient prolonger «la solidité des liens séculaires de fraternité, d’amitié et de bon voisinage», précisent les parties signataires.

Pays fondateur de la CEDEAO en 1975, la Mauritanie s’est retirée de l'organisation en 2000, dans l’objectif «de se consacrer à la construction» de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Cette organisation, crée en février 1989, apparaît aujourd'hui comme une véritable coquille vide à cause notamment du problème du Sahara Marocain.

Cet accord a été signé alors que d'autres voix sollicitaient le retour en bonne et due forme de la Mauritanie au sein de la CEDEAO. 

Cet accord de partenariat est signé au moment ou le Maroc, grand voisin du nord de la Mauritanie, a officiellement déposé une demande d’intégration à l’organisation ouest-africaine. Encore plus éloignée géographiquement, la Tunisie nourrit la même ambition.

A noter que la CEDEAO est forte d’un produit intérieur brut (PIB) de 733 milliards de dollars, le faisant figurer dans l'une de 20 premières économies mondiale pour un marché de plus de 320 millions de consommateurs.

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 05/05/2017 à 17h14, mis à jour le 05/05/2017 à 18h04

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