Mauritanie: recours de l'opposition contre la composition de la CENI

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Le 27/05/2018 à 13h24, mis à jour le 27/05/2018 à 13h25

L'Institution de l'opposition mauritanienne a introduit un recours contre le décret présidentiel désignant les membres de la Commission nationale électorale indépendante (CENI). La chambre administrative de la Cour suprême est attendue pour se prononcer sur la légalité de cet acte unilatéral.

A l’orée d’un agenda électoral chargé, l’opposition mauritanienne, qui a décidé de rompre avec la politique de la chaise vide, entame les grandes manœuvres juridiques pour rattraper le train de la commission électorale qui l’a laissée en rade.

C’est dans cette nouvelle dynamique qu’il faut mettre la démarche de l’Institution de l’opposition démocratique (IOD-un organe prévu par la constitution)- actuellement dirigé par le Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD ou Tawassoul, mouvance islamiste modérée), qui a introduit devant la chambre administrative de la Cour suprême, un recours visant l’annulation du décret présidentiel désignant le président et les membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), un acte légal pris le 18 avril dernier.

La commission électorale est présidée par un magistrat à la retraite du nom de Didi ould Bounaâma, qui fût maire de Nouakchott. Elle comprend 11 membres répartis entre la majorité et l’opposition dite modérée, c’est-à-dire la mouvance ayant participé à un dialogue national organisé en septembre/octobre 2016.

Cependant, les grands partis de l’opposition dite «radicale», à l’image du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) et de la coalition du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), dont le RNRD est une composante, en sont exclus.

Le FNDU, le RFD stigmatisent le décret du 18 avril 2018, comme un acte pris «en violation grossière de la loi relative à l’institution de cette commission qui, en son article 6 indique que les membres proposés à la nomination par le président de la République sont choisis de manière consensuelle parmi les personnalités figurant sur une liste de 22 membres établie à partir des propositions de la majorité et de l’opposition, à raison de 11 membres proposés par chaque groupe politique».

L’agenda électoral de la Mauritanie prévoit des élections législatives, régionales et municipales en 2018, et une élection présidentielle en 2019.

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 27/05/2018 à 13h24, mis à jour le 27/05/2018 à 13h25