Politique

Mauritanie: réactions après un nouveau remaniement du gouvernement

VidéoLe gouvernement mauritanien a connu un nouveau remaniement marqué par des changements au niveau de nombreux départements et le retour de certains caciques de l'ancien régime de Mohamed ould Abdel Aziz. Voici quelques réactions des hommes des médias.

Le 08/09/2022 à 12h51, mis à jour le 08/09/2022 à 12h52

Le président Mohamed Cheikh El Ghazouani a signé un décret portant remaniement du gouvernement. Rendus publics mardi soir, les changements touchent plusieurs ministères: Education nationale, Agriculture, Emploi et formation professionnelle, Equipement et transports, Environnement et développement durable, Transition numérique, Innovation et modernisation de l’administration, Culture, jeunesse, sports et relations avec le Parlement.

Cheikh Sidaty Haiba, directeur de l’agence Al Akhbar, livre la lecture d’un remaniement ministériel avec une double dimension politique et technique. Celui-ci est marqué par le retour des hommes ayant servi sous le régime de Mohamed ould Abdel Aziz, notamment Moulaye ould Mohamed Laghdaf (Premier Ministre de 2008 à 2014) qui est nommé ministre, secrétaire général de la présidence de la République, Nany ould Chrougha qui hérite de l’important ministère de l’Equipement et des transports.

Ces hommes et quelques autres symbolisent l’idée d’un retour d’ascenseur, un recentrage sur la majorité originelle du président de la République, résume Haiba, ajoutant que ce mouvement est opéré dans le respect des équilibres régionaux et ethniques habituels. A noter que le nouveau réajustement intervient alors que Ghazouani a consommé plus de la moitié de son quinquennat et prépare une candidature qualifiée de certaine en 2024.

Dans le même temps, le président mauritanien conserve les personnalités ayant joué un important rôle dans la Commission d’enquête ayant débouché sur la mise en accusation de l’ancien chef de l’Etat, Mohamed ould Abdel Aziz, à l’image de Yahya ould Ahmed Waghef, nouveau ministre de l’Agriculture.

Pour sa part, Omar Moctar, directeur de publication de L’Authentique, explique le retour de Moulaye Mohamed Laghdaf par sa non-implication apparente dans les actes de prévarication qui ont valu des déboires judiciaires à l’ancien chef de l’Etat, mais aussi son statut de ressortissant du Grand Est mauritanien, considéré comme un important réservoir électoral, en perspective de la présidentielle 2024.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 08/09/2022 à 12h51, mis à jour le 08/09/2022 à 12h52