Mauritanie: deux journaux gouvernementaux disparaissent sous leur version papier

La liberté de la presse est soumise à rude épreuve en Mauritanie.

Le 09/07/2018 à 11h46, mis à jour le 09/07/2018 à 11h49

Les journaux gouvernementaux «Chaab» (arabe) et «Horizon» (français) ne paraîtront plus sous format papier, selon une information tombée samedi 7 juillet. Cette nouvelle témoigne d'une aggravation de la crise que connaît la presse écrite de Mauritanie depuis plusieurs mois.

Réelle, avec un caractère sporadique depuis plusieurs mois, la crise de la presse papier en Mauritanie semble désormais prendre une nouvelle tournure.

On vient d'apprendre que les organes gouvernementaux «Chaab», édition en arabe, et «Horizons», édition en français, ne paraîtront plus sous leur format papier, devenant ainsi, des médias électroniques. A titre définitif ou provisoire? On l'ignore encore.

C’est la chaîne privée «Sahel TV», relayée depuis par plusieurs médias, qui a donné cette nouvelle dans son JT du samedi soir (diffusé à 21 heures TU et locales). La même source ajoutait: «les autorités de Nouakchott ont pris cette décision sans avancer d’explications».

Cependant, il faut rappeler que cette décision intervient dans un contexte de profonde crise au niveau de l’Imprimerie nationale (IN) dont les employés sont privés de salaires depuis 5 mois.

Cet établissement souffre de la suspension de la subvention annuelle de l’Etat (170 millions d'ouguiyas depuis 2 exercices budgétaires) selon les employés.

L’Imprimerie nationale est également sous le poids d’une accumulation d’impayés de la part de plusieurs institutions publiques.

La subvention et les impayés donneraient un montant évalué à 870 millions d'ouguiyas, soit environ 2,75 millions de dollars. Le résultat de cette situation est la menace d’une faillite imminente imputable à «un arrêt total et inédit de l’impression, jamais connu depuis l’indépendance du pays», selon une source proche du personnel.

Désormais, pour assurer une parution en format papier, les titres de la presse non gouvernementale, édités précédemment par l’Imprimerie nationale (IN), ont recours à des imprimeurs privés.

Mais «le papier ayant servi à l’édition des journaux parus cette semaine est d’une qualité désastreuse», souffle le directeur de publication d’un hebdomadaire de la place.

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 09/07/2018 à 11h46, mis à jour le 09/07/2018 à 11h49