Dans une vidéo d’un réalisme saisissant, le ministre nigérien de la Justice fait une déclaration, rien de plus banal. Cependant, une simple vérification permet de se rendre compte que ce membre du gouvernement n’a jamais tenu les propos qui lui sont prêtés dans la vidéo, c’est le type même de contenu trompeur rendu possible par l’intelligence artificielle générative.
«L’intelligence artificielle brouille la frontière entre le vrai et le faux. D’abord il faudrait rappeler qu’avant cela nous étions à l’ère de la ”pose vérité”, une personne vous raconte une histoire totalement fausse mais pleine d’émotions et devient, aux yeux de beaucoup, crédible. Aujourd’hui les deepfakes rendent la vérification encore plus difficile et complexe», explique Mourtala Mahamadou Guimba, expert en informatique.
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Quelles sont alors les conséquences et comment remédier à ce fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur au Niger? «Il faudrait que les acteurs médiatiques se dotent d’outils adéquats et suivent des formations en intelligence artificielle générative pour pouvoir comprendre comment elle fonctionne et avoir des outils de contre-expertise», explique Abdoulaye Idrissa, expert en informatique.
«La technologie doit être utilisée de façon positive. Ceux qui nuisent à un pays ou une à personne doivent être poursuivis en justice», ajoute Abdoulkader Ibrahima, journaliste.
Face à l’intelligence artificielle générative, c’est la vigilance qui s’impose désormais aux citoyens et aux organes de presse.




