«Le président de la Transition nous a convoqués pour entendre notre opinion sur les possibilités de respect de la date du 6 décembre. Nous lui avons dit que, techniquement, les conditions ne seront pas réunies pour organiser des élections» à cette date, a déclaré à la presse la vice-présidente de la CNE, Felisberta Moura Vaz.
La Guinée-Bissau est plongée depuis plusieurs semaines dans une grande agitation politique et sécuritaire à l’approche de l’échéance de décembre.
Le pays est dirigé depuis le 26 novembre 2025 - veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des scrutins présidentiel et législatifs tenus le 23 novembre- par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
Interrogée par des journalistes sur la possibilité du report de ces élections, la responsable a répondu: «Je ne dirai pas que les élections seront reportées. Cela est de la compétence du président de la Transition» et chef de la junte au pouvoir, le général Horta N’Tam.
Jeudi matin, le Premier ministre bissau-guinéen Ilidio Vieira Té a lui aussi rencontré en audience le général Horta N’Tam.
«A ce jour, aucun parti politique n’est encore dans des conditions idéales pour aller aux élections», a déclaré à la presse le Premier ministre à l’issue de la rencontre.
«La direction de la plupart de ces partis est caduque. Ce qui nécessite un renouvellement des instances de base. Donc comme vous voyez, les conditions d’organiser des élections fiables ne sont pas réunies», a-t-il estimé.
Ce pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry) avait, avant le coup d’État du 26 novembre 2025, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal.
Le pays connaît une volatilité accrue depuis ces dernières semaines.
Mercredi, le général Horta N’Tam avait appelé les éléments de la garde présidentielle, réputée proche de M. Embalo, à «rendre les armes (...) de manière volontaire».
M. Embalo, en exil depuis novembre 2025, avait initialement prévu de faire un retour de quelques heures au pays pour rencontrer ses partisans le 4 octobre.
Mais quelques jours avant son retour annoncé, la junte avait fait savoir que les «conditions de sécurité» n’étaient pas réunies pour ce retour.
En novembre 2025, de nombreux observateurs ont soupçonné M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre, mais la junte a récemment pris plusieurs mesures semblant prendre ses distances avec l’ancien président.
