Gabon: un dialogue national préconise de suspendre les partis, huit mois après un coup d’Etat

Le président de la transition du Gabon Brice Oligui Nguema (à gauche) reçoit de l'archevêque de Libreville, président du Dialogue national Jean Patrick IBA-BA le rapport à la clôture du Dialogue national à Libreville le 30 avril 2024.. AFP or licensors

Le 30/04/2024 à 19h14

Le président de transition au Gabon, le général Brice Oligui Nguema, qui a renversé Ali Bongo il y a huit mois, a reçu mardi près de mille propositions - dont celle de suspendre temporairement les partis politiques - remises par 680 participants à une vaste consultation nationale censée préparer le retour des civils au pouvoir par des élections en 2025.

Ces représentants - tous nommés par M. Oligui - de 104 partis politiques, de la société civile, des syndicats, des religions, des minorités, etc. ont planché un mois durant à Libreville dans un Dialogue National Inclusif (DNI), avant une cérémonie de clôture au cours de laquelle ils ont délivré mardi leurs conclusions au général, proclamé par l’armée chef de l’Etat le 30 août 2023, après avoir déposé le président Ali Bongo Ondimba.

Les militaires accusaient son régime et, surtout, son entourage familial d’avoir falsifié les résultats de la présidentielle, d’une gouvernance calamiteuse et de corruption massive.

Le DNI préconise de «suspendre tous les partis politiques légalement reconnus en attendant la mise en place des nouvelles règles régissant» leur création et leur vie, a lu Murielle Minkoué Mintsa, ministre de la Réforme des institutions, devant le général Oligui et des centaines d’invités, au palais présidentiel de Libreville.

Avec un régime particulièrement dur pour le Parti Démocratique Gabonais (PDG) de M. Bongo et les mouvements «alliés», qui devraient être «suspendus pour trois ans avec effet immédiat». Et des «enquêtes diligentées» contre ses dirigeants et cadres «anciens et actuels». Ces derniers seraient également «frappés d’inéligibilité» pour les prochaines élections, présidentielle, législatives et locales.

Pourtant, le général avait nommé de très nombreux membres et responsables de ce parti au DNI et est régulièrement accusé par ses détracteurs d’avoir maintenu au sommet de l’Etat et de l’administration des responsables et des cadres du PDG.

Les préconisations du DNI ne sont pas contraignantes pour les autorités de transition.

Chaque annonce était saluée par vivats et des «Oligui président !». La proposition de pouvoir étendre d’un an «si nécessaire» la période de la transition militaire avant des élections, a aussi été vivement applaudie.

L’élection présidentielle, pour laquelle un général Oligui très populaire fait peu de mystère de sa candidature, est prévue en août 2025, à la fin d’une transition de deux ans promise par les militaires.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 30/04/2024 à 19h14