Mauritanie: crise post-électorale, les coupures de l’internet mobile perturbent plusieurs activités

Le 06/07/2024 à 14h31

VidéoSuite aux manifestations post-électorales, les autorités mauritaniennes ont procédé à la coupure de l’Internet mobile afin de casser la révolte. Si cela contribue à réduire les tensions, force est de noter que ces coupures perturbent de nombreuses activités avec des manques à gagner importants.

Les autorités mauritaniennes ont décidé de couper les données de l’internet mobile depuis quelques jours, dans le cadre de la gestion sécuritaire de la tension post-élection présidentielle du samedi 29 juin 2024. Une mesure à laquelle recourent de nombreux gouvernements africains pour casser des manifestations populaires et réduire les tensions en empêchant les communications entre les potentiels manifestants et les messages haineux.

Seulement, à l’heure du tout numérique, la décision de couper des données de l’internet mobile produit des conséquences néfastes sur les activités économiques et ludiques,

offertes par un service devenu indispensable dans la vie de tous les jours.

«Je travaille dans une agence de transfert de fonds, en rapport avec tous les opérateurs en Afrique et à travers le monde (Orange Money, Wave, RIA, Money Gram…). Nous sommes privés de l’internet mobile depuis 4 jours. Cela affecte gravement nos activités. Nous demandons aux autorités de lever cette mesure dans l’intérêt de toutes les activités économiques et de la population de manière générale», peste Baba Bouleiba.

Pour sa part, Coumba Sy, jeune fille opérant dans le commerce en ligne, désapprouve la rupture des données de l’internet mobile qui plombe gravement son business depuis 4 jours. Un préjudice qu’elle évalue à un montant global de 80.000 ouguiyas, soit un manque journalier de 20.000 ouguiyas. Elle réclame vivement le rétablissement des données mobiles de l’internet.

Enfin, Mohamed Amin, professeur, regrette les conséquences économiques de la coupure des données mobiles de l’internet. Cependant, il juge pertinente la démarche des autorités pour «neutraliser les appels au meurtre et à la violence contre les membres des forces de l’ordre». Un aspect dont il met en avant les enjeux, qui justifient, selon lui la mesure.


Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 06/07/2024 à 14h31