Opération mains propres au Niger: feu de paille ou réelle lutte contre la corruption?

Des soldats de l'armée nigérienne.
Le 23/09/2023 à 09h25

VidéoLa journée du 21 septembre a été marquée par la mise sous mandat de dépôt de plusieurs ténors de l’ex-régime de Mohamed Bazoum. La veille, la junte avait annoncé la création d’une commission chargée de la lutte contre la délinquance économique. Deux actions qui suscitent espoir de justice et crainte de règlement de comptes.

Après presque deux mois de détention secrète de nombreux dignitaires civils et militaires du régime déchu parmi lesquels le fils de l’ancien président Issoufou Mahamadou, ont été incarcérés dans plusieurs prisons de Niamey et Tillabéri.

Des mises en détention qui n’ont pas encore été motivées mais qui semblent satisfaire la majeure partie de l’opinion publique nationale.

«En tant que citoyen nigérien je ne peux qu’encourager le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) à déférer devant la justice les personnes arrêtées. C’est à la justice de dire qu’est ce qu’il faut faire à ces personnes», a souligné Zakari Yaou Oumarou Yaye, citoyen.

Coïncidence ou pas, la veille, le CNSP avait décidé la création de la Commission de lutte contre la délinquance économique, financière et fiscale. Cette instance est chargée de lutter contre la corruption, les détournements des deniers publics et l’enrichissement illicite. Une commission qui suscite au sein de l’opinion publique nationale espoir et craintes.

«Nous espérons que les personnes qui animeront cette institution soient intègres, soucieuses de l’avenir du Niger. Il faut trouver des personnalités de bonne moralité», explique Mariatou Abdou, citoyenne.

Au-delà du sursaut patriotique, la popularité et l’enthousiasme que suscite le CNSP, découle aussi en grande partie de la soif de justice sociale. A travers ces initiatives, le CNSP vient de donner un signal fort pour un profond assainissement de la vie publique et la fin de l’impunité sous toutes ses formes.

Toutefois, certains Nigériens craignent que ce procédé ne soit pas suivi des effets escomptés et que cela ne vire aux règlements de comptes entre les nouveaux maitres du pays et ceux du régime déchu.

Par Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Le 23/09/2023 à 09h25