M. Wadagni, 49 ans et ministre de l’Economie, est le dauphin du président Patrice Talon qui passera la main après deux mandats, comme le veut la Constitution.
Le 12 avril, jour du scrutin, il n’aura qu’un seul adversaire: l’opposant Paul Hounkpè, des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considéré comme modéré. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, est lui exclu de l’élection, faute d’un nombre suffisant de parrainages.
Samedi, Romuald Wadagni est apparu sur la scène du Palais des Congrès de Cotonou sans pupitre et sans cravate, vêtu d’une veste bleue et d’une chemise blanche.
Des milliers de personnes, de tous âges et de tout le pays, se sont déplacées vêtues d’accessoires à l’effigie de leur candidat, a constaté un journaliste de l’AFP. Une affluence inédite pour un événement de ce genre.
M. Wadagni a d’abord vanté le bilan du dernier mandat en matière de développement économique. «L’année passée, nous avons dépassé le seuil de 7%» de croissance, a-t-il dit.
Il a affirmé vouloir diviser le Bénin en six régions, dans lesquelles seront développés notamment l’industrie, le tourisme, l’innovation et l’agriculture - qui représentent 25% du PIB du pays.
M. Wadagni s’est adressé plusieurs fois à la jeunesse, dans un pays où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, en misant sur la technologie.
«Nous allons nous assurer que vous jeunes, où que vous soyez dans le Bénin, disposiez d’un écosystème qui vous permette de vous former, de vous encadrer et de faire éclore tous vos savoir-faire dans le domaine numérique», a-t-il assuré, promettant un «pays exportateur de solutions technologiques».
M. Wadagni «a mis la jeunesse au cœur de son action» et «je m’en réjouis», a lancé à l’AFP le maire de Sèmè-Kpodji, Thomas Singbo, du camp au pouvoir.
De son côté, Eunice Savia, âgée d’une quarantaine d’années, est venue par curiosité.
«Par rapport à tout ce qu’on a pu voir par le passé, je trouve la vision vraiment structurée et moi j’ai hâte de la voir se matérialiser», a-t-elle dit, ajoutant que «la continuité» serait «un véritable avantage».
Dans une Afrique de l’Ouest divisée entre juntes militaires sahéliennes et pouvoirs civils, M. Wadagni a également insisté pour «collaborer davantage avec nos voisins».
Depuis plusieurs années, le Bénin subit dans sa partie nord des attaques jihadistes meurtrières de groupes venus de pays sahéliens.
Début décembre, le Bénin a par ailleurs connu une tentative de coup d’Etat, déjouée avec l’aide du Nigeria et de la France.
Toutefois, ce putsch raté n’a pas empêché le récent déroulement d’élections législatives et communales, entièrement remportées par les partis de la coalition au pouvoir.




