Cette attaque est inédite depuis la résurgence fin 2021 du M23, qui n’avait encore jamais mené de frappes à une distance aussi éloignée (des centaines de km, NDLR) des territoires de RDC sous son contrôle, répartis le long de la frontière avec le Rwanda et le Burundi dans les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’est congolais est en proie depuis 2021 à la résurgence du M23. Soutenu par Kigali et son armée, le groupe armé s’est emparé, dans la région frontalière du Rwanda et riche en ressources, des grandes villes de Goma en janvier 2025 et Bukavu en février de la même année.
L’attaque contre l’aéroport civil de Kisangani, aussi utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs, «constitue une violation grave du droit international humanitaire, notamment des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution», a dénoncé dans un communiqué le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf.
Elle est «susceptible de relever de la qualification d’acte terroriste», a-t-il poursuivi, avant de mettre en garde contre une «escalade» du conflit qui «fait peser des risques inacceptables sur la stabilité nationale et régionale, ainsi que sur la situation humanitaire déjà critique» dans l’Est de la RDC.
Le M23 a revendiqué mercredi l’attaque, affirmant avoir procédé «à la destruction du centre de commandement des drones militaires installés à l’aéroport de Kisangani».
Cet aérodrome est utilisé par l’armée congolaise et ses aéronefs. La piste sert notamment au décollage des drones d’attaque et des avions de chasse de l’armée congolaise, qui mènent régulièrement des frappes sur les positions du M23 et de l’armée rwandaise en RDC.
Deux accords ont été signés au cours des derniers mois pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est congolais. Une déclaration de principes définissant des engagements pour un cessez-le-feu a été signée à Doha par le M23 et le gouvernement de Kinshasa. Un accord dit «pour la paix et la prospérité» a été entériné en décembre à Washington par la RDC et le Rwanda.
Mais aucun texte n’a mis un terme aux affrontements sur le terrain.



