Soudan du Sud: un homme mort depuis cinq ans nommé pour plancher sur l’organisation des élections, railleries en ligne

Le président sud-soudanais Salva Kiir.

Le 04/02/2026 à 19h31

Un homme mort depuis cinq ans a été nommé dans un comité chargé de plancher sur l’organisation des élections au Soudan du Sud, provoquant une vague de moqueries sur les réseaux sociaux et obligeant le gouvernement à présenter des excuses.

Le président Salva Kiir a procédé la semaine dernière à plusieurs nominations pour tenter d’organiser la prochaine élection présidentielle, déjà reportée à plusieurs reprises.

Le Soudan du Sud, plus jeune État de la planète, qui a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, n’a jamais organisé le moindre scrutin.

Parmi les personnes nommées dans ce comité figurait Steward Sorobo, qui est décédé il y a cinq ans, selon des médias locaux.

«La présidence a appris avec regret que l’un des signataires (...) est malheureusement décédé», a déclaré lundi dans un communiqué le porte-parole du président, David Amour Majur.

«Il apparaît désormais évident qu’une vérification approfondie n’a pas été effectuée (...) entraînant cette regrettable erreur administrative», a ajouté M. Majur, qui a été limogé mardi.

Steward Sorobo a depuis été retiré de la liste des nominations, mais sa famille a affirmé dans un communiqué qu’il ne s’agit «pas seulement d’une erreur administrative, mais aussi d’une grave violation culturelle et spirituelle», avant de demander «réparation» pour le «tort spirituel causé».

Le gouvernement a également essuyé critiques et sarcasmes en ligne.

«Cela signifie qu’ils font du copier-coller à partir d’anciennes listes mais ne savent pas qui est en vie et qui ne l’est plus», a raillé un internaute sur Facebook.

Un autre a suggéré de maintenir Steward Sorobo dans ses fonctions en tant que «coordinateur entre les vivants et les morts» pour que la paix revienne dans le pays.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile entre 2013 et 2018.

Un accord de paix signé en 2018 a réuni les parties belligérantes, mais celles-ci ont à plusieurs reprises échoué à organiser les élections prévues dans le cadre de cet accord.

Les élections programmées pour 2024 ont été reportées à décembre 2026 et de nombreux analystes doutent qu’elles puissent se tenir à cette date, alors que le pays connaît une nouvelle vague de violences.

Par Le360 Afrique (avec AFP)
Le 04/02/2026 à 19h31