Togo-Russie: les attentes des uns et des autres du partenariat naissant

Le 03/10/2026 à 13h03

VidéoAprès 65 ans de relations sans ambassade de part et d’autre, le Togo et la Russie se dotent d’un cadre de coopération. Leur toute première Commission mixte s’est tenue du 29 septembre au 1er octobre à Lomé. Énergie, commerce, transports, éducation: les deux pays affichent leurs ambitions, alors que leurs échanges commerciaux restent modestes. Que peut y gagner chacun? Reportage.

Il aura fallu soixante-cinq ans. Le Togo et la Russie, qui n’ont jamais ouvert d’ambassade l’un chez l’autre, disposent désormais d’un cadre permanent de coopération. Leur première Commission mixte intergouvernementale s’est réunie trois jours à Lomé, du 29 septembre au 1er octobre. Au menu des experts: les secteurs appelés à porter ce rapprochement, avec, de part et d’autre, des attentes élevées.

«Nous aurons examiné plusieurs dossiers sectoriels d’intérêt commun notamment l’énergie, l’éducation, la culture, le tourisme, l’économie maritime, les transports, le commerce et le numérique. L’implication du secteur privé et des milieux d’affaires constitue le moteur de cette coopération», soutient Ahodo-Abalo Tchamdja, directeur général, ministère de l’Économie et de la Veille stratégique.

Abondant dans le même sens, Angelina Zuikova, vice-présidente de la partie russe de la Commission, explique: «nous y mettons de grandes espérances, car nous sommes convaincus que le lancement d’un mécanisme de dialogue intergouvernemental permettra d’améliorer l’interaction intergouvernementale entre nos pays et de l’améliorer systématiquement et longuement».

Ce secteur privé, justement, avait fait le déplacement. Parmi ses représentants, Éric Agbokou, directeur général de Choco Togo, première chocolaterie du pays, qui transforme sur place le cacao togolais. Son objectif: trouver de nouveaux débouchés. «Le marché russe est loin de nous, que nous ne connaissons pas. Je suis impatient d’explorer ce marché et de voir concrètement ce que nous pouvons faire».

Au-delà du cacao, tout reste à construire. D’après le site spécialisé Russia’s Pivot to Asia, le commerce bilatéral ne pèse qu’une dizaine de millions de dollars: le Togo achète des engrais, la Russie des fruits et des noix.

Pour Moscou, l’intérêt est aussi logistique: Lomé, avec son port et sa zone industrielle d’Adétikopé, donne accès à toute l’Afrique de l’Ouest. Le Togo attend des investissements, dont l’administration fiscale suit de près les retombées.

«La présence de l’Office togolais des recettes est fondamentale dans une telle coopération, parce qu’on parle d’investissement, de financement, de délégation d’entrepreneurs, et tout cela est le socle d’une économie prospère et stable», Kossi Ezoukouté, chef de division de la législation fiscale et de la fiscalité internationale à l’Office togolais des recettes.

Au terme des travaux, un protocole final devait être soumis aux ministres des deux pays pour signature. Prochaine étape annoncée, l’ouverture d’ambassades, à Lomé comme à Moscou. C’est sur les chiffres du commerce que ce partenariat sera jugé.

Par Steve Costa Midjola
Le 03/10/2026 à 13h03