Algérie. Le crash d’un avion militaire fait 2 morts et 4 blessés: l’hécatombe se poursuit

En avril 2018, un Ilouchine-76 de l’armée algérienne s’était écrasé juste après son décollage de la base de Boufarik, au sud d’Alger, entrainant la mort de 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles.

Le 06/03/2026 à 09h35

Un appareil de l’armée algérienne s’est écrasé le jeudi 5 mars 2026 quelques instants après son décollage de l’aéroport militaire de Boufarik, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger. Deux officiers ont péri alors que quatre membres de l’équipage ont été blessés dont un grièvement. Ce crash vient allonger une longue liste d’accidents impliquant avions, drones et hélicoptères de l’armée algérienne. Une hécatombe qui s’explique par plusieurs facteurs.

«Le 5 mars 2026, à midi, un petit avion de transport militaire de type BE 1900 s’est écrasé lors d’une mission, immédiatement après son décollage de la piste de la base aérienne de Boufarik, dans la Première Région Militaire. L’appareil transportait un équipage de six personnes. Cet accident a coûté la vie à deux militaires et a blessé les autres membres d’équipage, dont certains de gravité variable. Ces derniers ont été immédiatement transportés à l’hôpital militaire central», rapporte un communiqué de l’armée algérienne.

Suite à cet accident, le général Said Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée Nationale Populaire, a ordonné une enquête approfondie pour élucider les circonstances de ce crash, loin d’être un cas isolé pour l’armée algérienne.

L’Algérie fait partie des pays qui enregistrent le plus de crashs d’avions militaires au monde. Sur la décennie, c’est plus d’une quinzaine d’accidents souvent mortels d’appareils de la flotte de l’armée de l’air algérienne qui ont été enregistrés. Ces crashs impliquent des avions de combat (Sukhoï, Mig,…), des appareils de transport de troupes, des hélicoptères de transport et de combat ainsi que des drones.

Le 19 mars 2025, c’est un lieutenant-colonel de l’armée de l’air algérienne qui a trouvé la mort lorsque son avion, un Sukhoi Su-30, s’était écrasé lors d’un exercice d’entrainement dans la région désertique d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar.

En août de la même année, c’est un avion de reconnaissance de l’armée construit par la compagnie thèque Zlin qui s’est écrasé à Jijel tuant ses quatre occupants dont deux officiers de la protection civile, tous engagés dans une mission de formation et de perfectionnement.

En février 2024, c’est un hélicoptère de type MI-171, de fabrication russe, qui s’était crashé tuant les trois passagers, un colonel, un lieutenant-colonel et un sergent.

En février 2014, le crash d’un Hercule C-130 avait fait 77 morts. Et en avril 2018, un Ilouchine-76 de l’armée algérienne s’était écrasé juste après son décollage de la base de Boufarik, au sud d’Alger, entrainant la mort de 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles et des membres du Polisario. Ce fut la catastrophe aérienne la plus meurtrière de l’histoire de l’armée algérienne.

En 2016, c’est un hélicoptère qui s’était écrasé au sol tuant 12 militaires. En 2017, deux autres crashs d’hélicoptères avaient fait cinq morts. En 2020, c’est un hélicoptères de type MS-25 Merlin de la marine algérienne, qui s’était abîmé en mer tuant ses trois membres d’équipage.

Aux crashs d’avions militaires et d’hélicoptères s’ajoutent les accidents impliquant des drones militaires. En 2022, ce sont deux engins de fabrication chinoise, un d’attaque de type CH-4 et un autre de surveillance tactique appartenant à escadre de reconnaissance et de guerre électronique de l’armée de l’air, qui s’étaient écrasés.

La liste des crashs d’appareils de l’armée algérienne est longue et malheureusement les pertes en vie humaine sont très élevées. En une décennie, ces crashs ont fait environ 400 morts. Cette déjà longue liste est loin d’être exhaustive. Certains accidents n’ayant pas fait de victimes n’ont pas été portés à la connaissance des Algériens.

Qu’est qui peut expliquer cette fréquence des crashs d’appareils militaires algériens? En premier lieu, il y a l’état de certains appareils qui manquent d’entretien et de pièces de rechange, surtout dans le contexte actuel de la guerre Russie-Ukraine, sachant qu’Alger s’approvisionne auprès de la Russie. Une situation qui aggrave les risques de crash d’une flotte de plus en plus vétuste malgré le budget colossal de la Défense algérienne.

Viennent ensuite les contrats opaques qui entourent les acquisitions d’appareils par l’armée. Ces achats suscitent des questions sur la qualité des produits réceptionnés: s’agit-il d’appareils neufs ou des avions d’occasion reliftés ?

Enfin, certains pointent la formation des pilotes d’avions, d’hélicoptères et de drones. Le site Mena Défense a révélé que le facteur humain serait responsable de 45% des crashs d’avions militaires algériens.

Malgré un budget de plus de 25 milliards de dollars, le plus élevé en Afrique, les dirigeants de l’armée algérienne sont dans l’incapacité d’assurer les formations adéquates à leurs pilotes. L’on peut se demander alors quel serait l’ampleur de l’hécatombe des appareils militaires algériens en cas de conflit?

Par Karim Zeidane
Le 06/03/2026 à 09h35