Le Cameroun perd chaque année près de 400 milliards de Fcfa du fait de la corruption et des détournements des deniers publics. Un montant qui n’est pas sans conséquences sur le retard dans la réalisations de projets structurants à travers la construction des infrastructures routières, énergétiques et sanitaires.
Et les choses ne semblent empirer, le Cameroun n’améliorant pas sa position dans l’Indice de perception de la corruption 2025 de Transparency International. Dans ce rapport publié le 10 février 2026, le pays obtient un score de 26/100 et se classe 142e sur 182 États et territoires évalués, soit deux places de moins que l’année précédente. Ce niveau le maintient dans la catégorie des pays perçus comme «fortement corrompus».
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Ce peu enviable classement renseigne sur l’étendue et la généralisation de ce fléau à presque tous les secteurs vitaux du pays, à leur tête les forces armées, la police, les services des impôts et ceux de la douane et le secteur des transports. Les détournements sont généralement opérés par les gestionnaires de crédit et les ordonnateurs des dépenses des entreprises publics et parapublics.
D’ailleurs, Transparency International souligne que «des scores durablement bas vont souvent de pair avec des contre-pouvoirs fragiles, une justice perçue comme politisée, et des failles de transparence dans la gestion publique« .
Dans un apparent souci de redorer le blason du pays terni par la généralisation de la corruption, le gouvernement a créé des structures telles que la commission nationale anti-corruption, le Tribunal criminel spécial (TCS), l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) et le Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe).
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La création du tribunal criminel spécial en 2006, par exemple, a conduit à la condamnation de plusieurs hauts cadres de l’administration publique dont certains ont condamnés plus de 50 ans de prison.
Malgré toutes ces initiatives louables, le mal persiste au grand désarroi des acteurs de la société civile qui multiplient les dénonciations. Pour Gaston Ngounou Moham de l’association Movac. «Je crois personnellement que l’opération lancée en 2006 doit être réadaptée. A mon avis, il n’est pas nécessaire de condamner les gens sans confisquer leurs biens. Au besoin, exiger à ces prévaricateurs de rembourser les fonds détournés et les bannir de toutes les actions publiques», a-t-il déclaré.
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Les économistes comme Dieudonné Essomba sont préoccupés par ces tares qui rongent l’économie nationale. «Il est regrettable que chaque année, notre pays perde près de 400 milliards de Fcfa du fait de la corruption et de la prévarication. S’il économise ces fonds, le Cameroun connaitra une évolution significative, cela va de soi», a-t-il déclaré avant de conclure que le gouvernement a tout intérêt à frapper avec beaucoup plus de sévérité tout personne reconnue coupable de corruption et de détournement des deniers publics.
