L’école publique au Cameroun traverse une crise profonde, marquée par la dégradation des infrastructures, des effectifs pléthoriques — parfois jusqu’à 100 élèves dans une salle de classe — et un manque criard d’enseignants qualifiés, notamment dans les zones rurales. Malgré la gratuité théorique de l’école primaire, les frais d’APEE (Association des parents d’élèves et enseignants) persistent, dans un contexte où la qualité des apprentissages a drastiquement baissé. Le système éducatif fait par ailleurs face à une sous-scolarisation dans les régions septentrionales ainsi que dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, en proie à la guerre séparatiste.
C’est ce tableau peu reluisant qui mobilise depuis quelques jours les syndicalistes du secteur de l’éducation nationale. Pour Thobie Emmanuel Mbassi Ondoa, secrétaire général de la Fédération camerounaise des syndicats de l’éducation: «le Cameroun a pris un nombre important d’engagements à l’échelle internationale pour améliorer son système éducatif national et, singulièrement, l’école publique actuellement en décadence. L’objectif à long terme vise à rendre l’école publique plus forte et plus inclusive. De même que son système éducatif soit très résilient face aux différentes crises. En clair, il faut soustraire notre système des politiques d’austérité du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale», déclare-t-il.
Les syndicalistes s’organisent ainsi pour sensibiliser les autres acteurs de la société civile afin que le plaidoyer auprès des pouvoirs publics puisse amener le gouvernement à changer ses lignes de décision et à rendre l’école publique plus attractive. L’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants est au centre des débats.
