A l’initiative du centre national de prévention et de traitement de l’insuffisance rénale (CNPTIR), des milliers de personnes issues de plusieurs communes d’Abidjan et de villes de l’intérieur pour une dépistage de l’insuffisance rénale, une pathologie qui fait ravage en Côte d’Ivoire.
La campagne a débuté au centre hospitalier universitaire de la commune populaire de Yopougon. «Plusieurs personnes perdent la vie à cause de cette maladie et l’en ai vraiment peur ! J’en suis témoin», confie Kouassi Danielle, une patiente venue en savoir plus sur la maladie.
Une autre patiente apporte son témoignage «j’ai perdu mon petit frère, décédé de l’insuffisance rénale. Ça m’a tellement peinée. Lorsque j’ai entendu parler de la campagne, je me suis précipitée. Mais vu le nombre de personnes intéressées, je n’ai pas pu me faire diagnostiquer le premier jour, donc je suis revenue aujourd’hui à 6 heures pour ne pas rater cette chance de rencontrer des docteurs pour nous conseiller, chose rare. Nous disons merci aux autorités sanitaires pour cette noble initiative, il y va de la santé des Ivoiriens», témoigne Gnonlou Gislaine, une patiente venue de Bouaflé, pour l’occasion.
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Les spécialistes insistent surtout sur la nécessité d’un dépistage précoce surtout chez les personnes diabétiques, hypertendues ou ayant des antécédents familiaux. «Très souvent les patients ignorant la gravité de la maladie, viennent dans les hôpitaux lorsqu’ils sont en phase terminale. C’est donc pour leur éviter qu’ils se présentent dans les centres de santé avec un état avancé et faire face à la dialyse que le ministère de la santé, à travers le centre national de prévention et de traitement de l’insuffisance rénale, a initié cette campagne nationale. Elle aura lieu chaque trois mois, jusqu’à la fin de l’année. Durant le dépistage, nous procédons à plusieurs analyses dont la glycémie, l’albumine dans les urines, la créatinine, la prise de tension, la prise de taille et poids pour déterminer l’état d’obésité chez les patients», a indiqué Dr Dablé Alphonsine, coordonnatrice de soin au CNPTIR, antenne Yopougon.
L’insuffisance rénale est un mal discret, mais redoutable. Pour endiguer cette pathologie qui détériore sa santé, la population plaident pour la perpétuité de cette action. «Mon frère jumeau a perdu sa fille en raison de cette maladie qu’on n’a pas détectée très tôt. Donc nous souhaitons que la campagne pu durer dans le temps pour que plusieurs vies soient sauvées», a exhorté Boga S. un patient sexagénaire qui développe quelques symptômes de la pathologie.
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Après l’étape du CHU de Yopougon, suivront celles de Koumassi, Adjamé, Marcory… et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. «Je voudrais rassurer nos parents de l’intérieur que la campagne aura lieu dans leurs villes», rassure docteur Vanié, médecin biologiste, assistant chef au laboratoire de biochimie CHU de Cocody.
Débutée le 15 juillet dernier, la séance de trois du chu de Yopougon s’est clôturée le 17 juillet 2025, la campagne quant à elle, se poursuit dans les autres communes de la capitale abidjanaise et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays pour le plaisir et santé des Ivoiriens.
«Après cette étape de dépistage, les résultats seront individuellement communiqués aux patients. Et des examens complémentaires seront réalisés chez ceux chez qui il y aura une présence de certains liés à l’insuffisance rénale, pour une prise en charge précoce en fonction du stade où ils seront dépistés», a indiqué Dr Vanié.
Avec 2,4 millions de décès annuels dans le monde, l’insuffisance rénale est aujourd’hui la 6e cause de croissance de la mortalité globale. En Côte d’Ivoire, la situation est particulièrement préoccupante: la prévalence hospitalière de l’insuffisance rénale varie entre 39% et de 52%, avec un taux de mortalité de 39% dans le seul service de néphrologie du CHU de Yopougon.
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Chaque année, le pays enregistre entre 9000 et 12 000 nouveaux cas de maladies rénales chroniques, dont environ 1% nécessite une dialyse immédiate. Le pays enregistre 92 donneurs de reins, tous en parfaite santé. Et la maladie rénale chronique touche environ 10% de la population mondiale, et sa prévalence varie selon les régions.


