Les artisans boulangers prennent conscience que la cuisson du pain telle qu’ils la pratiquent depuis des lustres ne sauraient résister au changement que subit leur environnement. La rareté du bois de chauffe le rend encore plus cher.
Abdourahmane Baldé, boulanger, confie: «Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés sont de diverses natures. Par exemple, nous trouvons difficilement du bois. Et c’est cher. Aujourd’hui je crois qu’il faut aller vers la modernisation de ces modes de cuisson. C’est plus économique et aussi plus reposant».
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Cette situation alimente régulièrement la colère des acteurs du secteur. Lors d’une récente conférence de presse, des responsables de la filière ont dénoncé les conséquences économiques et environnementales de cette dépendance au bois de chauffe, regrette Alpha Boubacar Diallo, président national de la Fédération des boulangers.
«Nous détruisons l’environnement en utilisant le bois de chauffe pour produire le pain parce qu’on a pas d’autre sources d’énergie. Nous devons donc prévoir la transition énergétique. Comment passer du bois de chauffe à l’électricité, puis aux sources d’énergie renouvelable».
Au-delà de la question énergétique, les professionnels évoquent aussi la nécessité de transformer en profondeur la filière. Cela passe notamment par la promotion de farines locales, issues du maïs, du fonio ou encore du manioc, suggère Mamadou Adama Diallo, boulanger.
«Professionnaliser, les renforcer les compétences techniques et managériales, améliorer la qualité des produits, promouvoir une gestion nationale de transparence». Autant de pistes qui pourraient permettre à la boulangerie artisanale guinéenne de conjuguer tradition, modernité et respect de l’environnement.



