Les tenues traditionnelles africaines marquent de leur empreinte les différentes phases de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc, faisant des tribunes un espace d’expression du savoir-vivre africain et de la diversité culturelle d’un continent fier de ses racines.
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Lors de cette édition, et à la différence de grandes compétitions footballistiques mondiales souvent caractérisées par l’uniformité du paysage visuel, le supportérisme africain a pris la forme d’une pratique culturelle pleinement assumée, l’habit traditionnel, avec ses couleurs éclatantes, s’érigeant en vecteur d’expression de l’appartenance, de l’identité et de la joie collective.
Les supporters portant le «bogolan» malien, le «nkando» comorien, le «faso dan fani» burkinabè ou encore le «boubou» sénégalais, parmi d’autres tenues traditionnelles caractéristiques des peuples du continent, ont renvoyé depuis les gradins une belle image de fierté et de dignité. Plus que des expressions folkloriques passagères, ces habits hauts en couleurs sont l’expression vivante d’une identité collective pleinement assumée.
Au-delà de l’aspect esthétique, ces tenues sont porteuses de profondes significations sociales et spirituelles. Le bogolan malien renvoie à la sagesse, à la protection et à l’ancrage dans la terre, tandis que le nkando comorien reflète une sobriété raffinée. Le faso dan fani incarne, pour sa part, l’esprit d’indépendance et la fierté nationale au Burkina Faso, alors que le boubou sénégalais est l’expression du charisme et de la discipline.
Supportrice arborant les couleurs de la Côte d’Ivoire, vêtue d’une création en perles.
La tenue traditionnelle marocaine n’était pas en reste de ce tableau culturel foisonnant. La splendide jellaba attire tous les regards et s’affirme comme un symbole d’élégance et de fierté nationale dans les stades.
Dans ce sens, Mohammed, supporter marocain, indique que «la jellaba n’est pas un simple vêtement traditionnel mais un emblème d’authenticité et de prestige qui incarne tout une histoire d’excellence de l’artisanat marocain, de la finesse de la couture à l’harmonie des couleurs», ajoutant que cette tenue beldi confère une présence aussi sereine qu’affirmée, à l’image d’un Maroc fier de son identité.
Dans une déclaration similaire, Moussa, un supporter du Sénégal, indique que le boubou sénégalais traduit «un état d’âme qui enveloppe tout l’être de celui qui le porte».
Les ravissants costumes traditionnels africaines suscitent l’admiration des photographes étrangers et contribuent ainsi à changer les idées reçues, note-t-il, ajoutant que grâce à ce patrimoine, le monde découvre la civilisation, l’élégance et le savoir-être africains.
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A son tour, Ousmane, du Burkina Faso, s’est dit fier de porter le Faso Dan Fani dans les tribunes de la CAN, affirmant que de nombreux supporters ont demandé à se prendre en photo avec lui, une occasion pour lui de présenter au monde cet habit traditionnel burkinabé.
Évoquant la dimension symbolique du bogolan, Ibrahima, du Mali, a précisé que cette pièce-maîtresse du patrimoine malien a des connotations profondes relatives à la sagesse et à l’enracinement.
L’intérêt médiatique sans précédent pour les différentes phases de la CAN Maroc-2025 a participé à mettre au-devant de la scène les tenues traditionnelles africaines, porteuses de messages forts reflétant l’attachement des peuples à leurs identités et à leurs patrimoines millénaires.
L’édition marocaine de la CAN est au cœur d’une couverture médiatique internationale inédite avec quelque 3.800 journalistes mobilisés et la diffusion des matchs dans une dizaine de pays africains et européens, dans un contexte marqué par une augmentation des droits de diffusion, ce qui réaffirme la place grandissante de cette compétition dans la cartographie des événements sportifs marquants.







