L’administration Trump vient d’annoncer hier mercredi 14 janvier 2026 le gel du traitement des visas d’immigration pour les ressortissants de 75 pays, dont 26 nations africaines.
La mesure affecte exclusivement les visas d’immigration permanente (catégories de regroupement familial, emploi ou diversification), gelant toute délivrance nouvelle à compter du 21 janvier 2026. Ne sont donc pas concernés les visas touristiques ou encore d’affaires. Les visas non-immigrants (touristiques, étudiants, professionnels) demeurent accessibles, notamment pour les événements internationaux comme la Coupe du Monde 2026 et les Jeux Olympiques 2028.
Les exceptions se limitent strictement aux doubles nationaux détenant un passeport d’un État non-ciblé. Bien que les entretiens consulaires se poursuivent temporairement, aucune décision favorable ne sera rendue pendant la suspension, créant une paralysie administrative immédiate pour les dossiers en cours d’instruction.
Effective dès le 21 janvier 2026, cette mesure justifiée par la lutte contre le «fardeau des aides publiques» cible spécifiquement les pays dont les immigrants sont jugés à «haut risque» de dépendre à l’aide sociale américaine.
Carte continentale du gel des visas d’immigration permanente: répartition des 26 nations africaines
| Sous-région | Pays concernés | Observations clés |
|---|---|---|
| Afrique du Nord | Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Tunisie | 5 pays visés ; absence remarquée de la Mauritanie |
| Corne de l’Afrique | Érythrée, Éthiopie, Somalie, Soudan, Soudan du Sud | Suspension étendue à des zones de conflit/crise humanitaire |
| Afrique de l’Ouest | Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo | 10 pays ; le Nigeria se démarque avec son poids démographique relativement important |
| Afrique centrale | Cameroun, République du Congo, République démocratique du Congo (RDC) | RDC et Congo-Brazzaville dans la liste ; absence du Gabon, Tchad |
| Afrique de l’Est/Australe | Rwanda, Tanzanie, Ouganda | Exclusions notables : Kenya, Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Eswatini |
Source: Département d’État Américain.
La suspension des visas d’immigration permanente américains frappe 26 nations africaines, représentant une surreprésentation continentale inédite parmi les 75 pays concernés. L’Afrique du Nord est intégralement visée (Algérie, Égypte, Libye, Maroc, Tunisie), vient ensuite la Corne de l’Afrique (Érythrée, Éthiopie, Somalie, Soudan, Soudan du Sud). L’Afrique de l’Ouest compte dix pays: Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo. L’Afrique centrale comprend le Cameroun, la République du Congo et la République démocratique du Congo (RDC). L’Afrique de l’Est et australe complètent ce tableau avec le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda.
L’un des constats qui saute à l’œil est que cette sélection exclut l’Afrique du Sud, le Kenya, le Botswana, la Namibie, Eswatini.
Le gel s’appuie sur une interprétation élargie de l’Immigration and Nationality Act (INA), dont la clause historique sur la "charge publique" (article 212(a)(4)) est désormais appliquée avec une rigueur inédite. Contrairement à l’ère Biden qui limitait ce critère aux aides financières directes (allocations espèces ou hospitalisation de longue durée), l’administration Trump intègre désormais des facteurs extra financiers: l’âge (les seniors étant considérés à risque), l’état de santé (dont l’obésité ou besoins médicaux anticipés), la maîtrise de l’anglais (vérifiée en entretien), et les ressources personnelles. S’y ajoute l’examen des antécédents d’aides sociales, y compris perçues hors du territoire américain.
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Comme l’énonce Tommy Pigott, porte-parole du Département d’État, «le Département d’État utilisera son autorité historique pour juger inéligibles les immigrants potentiels qui deviendraient une charge publique et exploiteraient la générosité du peuple américain». Une refonte qui transforme donc un outil juridique ancien en un filtre migratoire sur plusieurs dimensions, permettant d’écarter des candidats sur des bases prédictives et subjectives.
Autres éléments à souligner: cette mesure prolonge directement la doctrine des décrets de 2017 (dits Muslim Ban), élargissant leur logique à des critères socioéconomiques. Elle s’inscrit dans la stratégie préélectorale de Donald Trump, réactivant le slogan «America First» comme pivot rhétorique. La déclaration officielle du Département d’État du 14 janvier 2026 – «L’administration Trump mettra toujours l’Amérique en premier» – confirme l’alignement sur un agenda politique visant à restreindre structurellement l’immigration légale, transformant la politique migratoire en instrument de souveraineté économique revendiquée.
Si le gel est présenté comme temporaire («jusqu’à réévaluation des procédures»), son caractère indéfini et l’élargissement des critères d’inadmissibilité suggèrent une restriction durable de l’immigration africaine légale. Les pays ciblés devront anticiper une pression accrue sur les canaux migratoires informels ou encore la réduction des opportunités de coopération économique liée aux diasporas. Pour les 26 nations africaines concernées, cette mesure marque un tournant critique dans l’accès au rêve américain.
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