L’annonce de la taxe sur les paiements électroniques, considérée par les autorités comme la plus faible de la région, suscite de vives réactions chez les agents de transfert d’argent qui ont observé un arrêt de travail de trois jours, en signe de protestation.
La Banque Populaire de Mauritanie (BPM) a donné des détails sur les nouvelles règles et la mise à jour des tarifs de son service Bankily et d’autres applications, suite à l’entrée en vigueur de la loi des finances 2026.
Selon la BPM l’évolution tarifaire qui découle de nouvelles mesures fiscales touche les transactions électroniques (TTE) et une révision à la hausse de la taxe sur les opérations financières (TOF). La TTE, fixée à 0,1%, s’applique aux transactions électroniques supérieures à 5.000 ouguiyas et la TOF passe de 16 à 20% pour l’ensemble des produits bancaires. Ces taxes sont directement virées versées au Trésor.
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Hassan Moustapha Chérif, gérant d’un point de vente Bankily, explique les raisons du mécontentement des gérants et justifie la grève «nous avons observé un arrêt de travail de trois jours en fin de semaine dernière. Nous demandons aux autorités, particulièrement au président de la République, d’aider à régler ce problème qui a un impact négatif sur nos activités».
Makha Diabira, usager, «nous avons été perturbés dans nos activités par la grève des opérateurs d‘application de transfert de fonds. La situation s’est traduite par un manque de liquidités. Maintenant, ça va beaucoup mieux, avec la réouverture des points pour le transfert par application mobile».
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Ce mécontentement intervient alors que le paiement et les transferts d’argents connaissent une croissance régulière.
En juillet 2025, la BPM publiait un document couvrant la période du 12 juin 2024 au 16 mai 2025, que 77% des transactions numériques ont été réalisées via Bankily, désormais considérée comme la principale «super-app» financière du marché. Au total, plus de 557 millions d’opérations ont été effectuées durant cette période, pour un montant global avoisinant 2.000 milliards d’ouguiyas.
Les transferts d’argent dominent largement les usages, représentant près de 82% des transactions numériques, suivis des dépôts (11,6%), des retraits (4,5%) et d’autres services (paiement de factures, recharges, paiements commerciaux) à hauteur de 2%.
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Ces transactions sont assurées, selon la Banque centrale, par sept établissements de paiement (chiffre de 2024) et par autant de prestataires de transfert d’argent. Ce document précise qu’en 2022, près de 15% des adultes mauritaniens ont utilisé leur téléphone portable ou internet pour envoyer de l’argent et que 4%d’entre eux ont effectué un paiement de facture de services publics via leur téléphone portable.




