Ouagadougou: à la grande brocante, on ne marchande pas la solidarité nationale

Quelques articles vendus lors de la Grande brocanterie de Ouagadougou.

Le 30/11/2025 à 10h24

VidéoDes articles de diverses natures cédés à petits prix en solidarité avec les personnes en situation difficile, tel est l’esprit de la brocante de l’association Afrikikré. Ce marché de l’entraide est un des volets de la campagne nationale de solidarité «Dèmè Sira».

Lancée le 14 novembre, la campagne nationale pour la promotion des valeurs de solidarité et d’entraide au Burkina «Démé Sira» se tient jusqu’au au 31 janvier 2026. C’est dans ce cadre que l’association Afrikikré organise sur l’esplanade de la Place de la Nation à Ouagadougou une brocante. Dans cet espace, des articles sont cédés à des prix raisonnables en soutien aux personnes vulnérables et pour encourager l’élan de solidarité nationale.

Selon les organisateurs, les bénéfices de cette vente bénéficieront aux ménages confrontés à des difficultés liées à la situation sécuritaire.

«Nous vivons ensemble dans la capitale, mais on n’a pas les mêmes moyens. Ce sont ces personnes que nous attendons afin qu’elles puissent venir trouver des choses qui soient à leur portée, qu’elles peuvent payer à moindre coût», explique Henriette Ouattara, membre de l’association Afrikikré, organisatrice de l’événement.

Pour une première édition, la grande brocante propose des accessoires neufs et d’occasion: vêtements pour enfants et adultes, chaussures, bijoux, articles de cuisine et bien plus encore. Les prix n’excèdent pas 2.000 francs CFA, alors et chacun en a pour son compte. Surtout que les fêtes de fin d’année approchent.

«La cause est noble et nous y avons adhéré. C’est la première édition, mais nous souhaitons qu’il y en ait une chaque année et pourquoi pas plusieurs fois par an», souhaite Amélie Pitroipa, vendeuse de bijoux à la grande brocante.

L’événement repose également sur un autre axe majeur, à savoir la collecte sur le site même de dons au profit des personnes vulnérables, notamment les déplacés internes et les familles réinstallées. Selon le groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (ONG et ONU), près de 230.000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’année au Burkina Faso.

«La région de la Boucle du Mouhoun a été la plus touchée, avec plus de 106.000 personnes déplacées, dont plus de 65.000 enfants, dans 13 localités, telles que Dédougou, Di et Tougan. Cela représente 45% du nombre de déplacés internes», rapporte la même source.

Pour cette première édition, les organisateurs se sont réjouis de la mobilisation en raison de l’écho favorable de l’événement auprès des Burkinabè.

Par Jean Paul Windpanga Ouédraogo (Ouagadougou, correspondance)
Le 30/11/2025 à 10h24