Société

Procès du 28-Septembre: le flou persiste sur les vrais coupables

VidéoAlors que le procès des massacres du 28 septembre 2009 continue de tenir en haleine tous les Guinéens, il semble toujours impossible, notamment pour les avocats de la partie civile, de mettre en difficulté les accusés.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 23/11/2022 à 14h23
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Des accusés se tiennent devant le juge alors que l'audience s'ouvre à l'intérieur du nouveau palais de justice de Conakry le 28 septembre 2022 lors de l'ouverture du procès pour le massacre de 156 personnes en septembre 2009. - Le procès de l'ancien dictateur guinéen Moussa Dadis Camara et d'autres d'anciens responsables du massacre du stade du 28 septembre, a ouvert ses portes le 28 septembre 2022 dans la capitale Conakry. | AFP

Il ne sera pas facile de désigner les vrais coupables du massacre du 28 septembre 2009. Plus d’un mois après le début d’un procès très médiatisé, de nombreux doutent subsistent. Certaines, à l’image de Toumba Diakité, se payent même le luxe de se constituer une belle popularité.

Pour l’avocat de la défense Me Bomby Mara, les faits reprochés à ses clients sont moins graves que prévu. Il s’agit, dit-il, de «faits de non-assistance à des personnes en danger selon l’ordonnance de renvoi N° 007 du 28 décembre 2017. Alors, cette infraction qui est prévue par le Code pénal dans son article 298 traite essentiellement la question de l’inertie de l’agent pénal, c’est-à-dire le refus de l’agent pénal à assister une personne en situation de détresse.»

Selon l’avocat, n’y a pas que les militaires qu’il faut tenir pour responsables des massacres du 28 septembre 2009, mais aussi «les leaders des confessions religieuses, comme le grand imam de mosquée Fayçal, notre archevêque Vincent Koulibaly, et le ministre Koutoubou, que tout le monde connaît. Tous appartenaient à une commission chargée de restituer les corps.»

Aujourd’hui, les avocats exigent le passage à la barre de certains acteurs directement impliqués. «J’ai demandé la comparution des membres du Comité de crise, puisque ce sont eux qui ont géré les blessés, les corps et toute la situation. Donc, ces membres pourraient éclairer le tribunal», souligne Me Thierno Amadou Oury Diallo.

Et ce dernier d’évoquer la popularité croissante de Toumba Diakité. «Toumba avait présenté une mauvaise image au temps de CNDD, il s’était fait peur, il a fait peur à tout le monde, donc personne ne pouvait l’approcher. Personne ne croyait que Toumba avait toutes ces valeurs intellectuelles, tant sur le plan académique que religieux.»

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 23/11/2022 à 14h23