Ramadan à Conakry: au marché, le prix de la viande donne la chair de poule

Le 25/02/2026 à 12h03

VidéoL’arrivée de Ramadan a accentué les perturbations qui entravent le circuit d’approvisionnement en viande, contribuant à la flambée des prix. Garnissant naguère les tables guinéennes, la viande a accédé au statut de denrée de luxe dont le prix met à rude épreuve le portefeuille des familles. Témoignages de bouchers et de leurs clients.

Avec l’arrivée du mois saint de ramadan, les clients font face à un dilemme cornélien: continuer à consommer de la viande malgré des prix devenus imprévisibles, ou réduire drastiquement les quantités dans les marmites.

Dans les marchés de Conakry, la mercuriale inquiète Fèrè Bah: «à une certaine époque, nous achetions souvent deux ou trois kilos de viande. Mais actuellement, nous ne pouvons acheter qu’un seul kilo et parfois même un demi kilo. C’est très compliqué. C’est à l’arrivée du mois saint du ramadan que le prix a explosé».

Les bouchers affirment subir eux aussi la pression des circuits d’approvisionnement et des grossistes, ce qui limite leur marge bénéficiaire, révèle Issa Diallo; «les prix sont en hausse partout. Nous les détaillants, nous ne faisons que suivre le coût imposé par les grossistes. Avant le Ramadan, nous étions à 65.000 francs guinéens le kilo, soit 7,4 dollars (1 dollar=8771 francs guinéens). Actuellement, il faut débourser 70.000 francs sur lesquels nous faisons un bénéfice de 2.000 francs par kilo».

Malgré tout, certains commerçants tentent de préserver le lien avec leurs clients, confie Issa Diallo, boucher: «On se débrouille! Certains client comprennent que nous ne sommes pas à l’origine de la hausse des prix. Nous aurions aussi souhaité apaiser les populations en ces périodes de foi».

Entre hausse persistante des prix et pouvoir d’achat fragilisé, la viande, autrefois facilement accessible, est devenue une denrée rare sur les tables guinéennes. Un défi supplémentaire pour les ménages, appelés à vivre ce Ramadan en s’adaptant aux réalités du pays.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 25/02/2026 à 12h03