Détaillant depuis plusieurs années, Tamsir Diop observe un net ralentissement de l’activité. «La vente n’est plus ce qu’elle était les années précédentes. Les clients n’achètent désormais que par demi kilo ou, au maximum, par kilo. Ils se plaignent de la cherté des prix, mais ce n’est pas de notre faute à nous, les revendeurs. Il faudrait plutôt s’adresser aux grossistes. Les prix dépendent aussi de la qualité du produit.»
Des accusations que réfutent les grossistes. Pour eux, la responsabilité incombe avant tout à la rareté du produit sur le marché international. Mamadou Thiaw, grossiste, explique: «Cette année, le produit n’est pas très disponible sur le marché, ce qui entraîne logiquement une hausse des prix. Là encore, ce n’est pas de notre responsabilité. Les dattes proviennent souvent d’Algérie, de Tunisie ou de Dubaï. La datte tunisienne est particulièrement appréciée pour sa bonne qualité, tout comme celle de Dubaï. Mais cette année, les ventes ne se passent pas bien, les clients se font rares, sans doute en raison du contexte économique difficile.»
Au bout de la chaîne, les consommateurs, eux, n’ont guère le choix. La datte demeure un symbole fort du mois sacré, difficile à écarter des tables familiales. Mais l’effort financier est de plus en plus lourd. «Je viens souvent acheter des dattes pour la famille et pour ma mère, mais cette année, les prix sont élevés. Avec le peu de moyens dont nous disposons, cela représente une grosse dépense. Le kilo coûte entre 4.000 et 8.000 FCFA, c’est excessif», confie Ahma, un acheteur.
Entre détaillants qui pointent les grossistes, grossistes qui invoquent la rareté et consommateurs contraints de réduire leurs achats, la datte cristallise les tensions d’un pouvoir d’achat fragilisé. En ce Ramadan, elle conserve sa place sur les tables sénégalaises, mais son prix rappelle que même les traditions les plus ancrées n’échappent pas aux réalités économiques.




