Il y a une semaine que les musulmans, qui représentent près de la moitié de la population du pays, ont entamé le mois du jeûne, de prière et de recueillement observé à travers le monde.
Pour les fidèles, ce mois sacré est l’un des cinq piliers de l’islam et constitue une obligation pour tout croyant adulte, en bonne santé. Du lever au coucher du soleil, les pratiquants s’abstiennent de boire et de manger, mais également de tout comportement contraire aux enseignements de l’islam.
«Le Ramadan n’est pas seulement le jeûne du ventre, c’est aussi celui du cœur et de la langue. Et on se nourrit à partir des lectures coraniques, à partir des ”zikr” et de bonnes réflexion», explique l’imam El-hadj Yacoub Koné de la grande mosquée d’Adjamé. Selon lui, cette période est une école de discipline, de patience et de maîtrise de soi.
Outre l’abstinence alimentaire et sexuelle, cette période marque un retour à l’essentiel, un moment de purification du cœur et de renforcement du lien avec Dieu, qui mérite d’être entretenu spirituellement.
À Abidjan, les fidèles appréhendent ce moment avec foi et détermination. Si les fortes chaleurs et le rythme soutenu de la vie urbaine peuvent rendre l’exercice éprouvant, nombreux sont ceux qui s’organisent pour mieux vivre ce mois.
Certains adaptent leurs horaires, d’autres privilégient les moments de repos quand pour d’autres, l’heure de la rupture du jeûne, appelée «iftar», est un moment de communion. Autour de dattes, de bouillie, de riz ou de soupe légère, parents et enfants se retrouvent dans une ambiance empreinte de spiritualité.
Plusieurs associations de bienfaiteurs organisent des distributions de repas dans les mosquées et les quartiers défavorisés, renforçant l’esprit de partage et de solidarité qui caractérise ce mois.
Mariam Koné, commerçante à Yopougon, confie, «C’est difficile avec la fatigue, mais c’est une grâce d’atteindre le Ramadan. Et donc dans la communauté où je suis, nous faisons des actions de charité en assistant d’autres communautés à la rupture du jeûne. Nous prions pour avoir la force d’aller jusqu’à la fin».
Afin de vivre pleinement ce mois béni, les fidèles misent sur une organisation rigoureuse; prières nocturnes (Tarawih), lecture quotidienne du Coran, multiplication des actes de charité et entraide communautaire.
«Nous demandons à Dieu la santé, que ce mois de Ramadan soit un mois de renaissance pour tous les musulmans. Le plus important, c’est de sortir du Ramadan meilleurs qu’avant. Qu’Allah nous préserve du mal», a proféré l’Imam Yacoub.
Au-delà de l’abstinence, le Ramadan est une occasion de renouveau spirituel pour les musulmans d’Abidjan et d’ailleurs. Un mois d’efforts, certes, mais surtout un mois d’espérance, de pardon et de transformation intérieure, que chacun espère mener à son terme dans la foi et la sérénité.




