Ramadan en Guinée. Les fabricants de jus naturels pressés comme des citrons

Du jus fait de manière artisanale

Le 01/03/2026 à 11h39

En ce début de Ramadan, période de forte consommation de rafraîchissants, les jeunes fabricants de jus naturels affrontent une difficile conjoncture. Le coût des matières premières atteint des sommets. Le bissap, par exemple, est trop cher au goût d’une clientèle souvent peu aisée. Immersion dans le quotidien de ces acteurs qui tentent de maintenir leur activité malgré les contraintes.

Au marché de Sonfonia, en banlieue de Conakry, l’effervescence du matin masque à peine une réalité plus dure. En plein air, sont visibles un peu partout des tas de gingembre, de fleurs d’hibiscus séchées, de fruits de baobab et de tamarin.

Mais cette année, les vendeuses évoquent une même inquiétude: les prix grimpent et les clientes hésitent à acheter, regrette Fatoumata Diallo, commerçante. «Actuellement, nous achetons le sac de gingembre à 1,7 million de francs guinéens (FG) alors que son prix ne dépassait pas les 300.000 FG. Nous demandons un rabais. C’est comme les fleurs d’hibiscus, pareil pour le jus de baobab, un petit sac qui se vendait à 300.000 est aujourd’hui vendu à 500 000 FG».

À peine rentrée du marché, Zouariatou Diallo, spécialiste dans la transformation de produits locaux en jus naturel n’a pas de temps de perdre. C’est le Ramadan. Sauf que cette année, elle fait face à un gros défis, l’approvisionnement en matières premières devient un véritable parcours du combattant. «Certains produits ont augmenté de 50% comparativement du prix pratiqué avant le Ramadan. La bouteille de tomate était vendue à 35.000 FG alors que maintenant il faut 70.000, c’est bien une augmentation de 50%. Pareil pour les fruits du baobab dont le prix du kilo variait entre 8.000 et 12.000 FG et maintenant entre 13.000 et 15.000. Le pot de tomates qui coûtait 25.000 et revendu actuellement entre 35.000 et 50.000 FG».

Une fois les achats terminés, commence le travail de transformation. Un processus souvent artisanal, réalisé à domicile, qui demande rigueur et organisation. «A domicile, on fait le tri des fruits de baobab et des fleurs d’hibiscus qui sont à la base des boissons sucrées», confie Diallo.

Mais le plus grand défi reste la commercialisation. Avec l’augmentation des coûts, il est difficile de maintenir les anciens prix. «Cette année, nous commercialisons des bouteilles d’un litre de jus à 30.000 FG». Cela est également valable pour le gingembre, le bissab, le tamarin, les cocktails...

Malgré les difficultés, ces jeunes entrepreneurs continuent de faire preuve de résilience. Entre hausse des charges et pouvoir d’achat limité des consommateurs, ils tentent de maintenir un équilibre fragile pour passer le mois de Ramadan sans mettre en péril leur activité.

Par Mamadou Mouctar Souaré (Conakry, correspondance)
Le 01/03/2026 à 11h39