Sénégal. 700 milliards de FCFA pour des travaux interminables: à Rufisque, les désagréments nourrissent la colère

Travaux interminables à Rufisque

Le 13/04/2026 à 09h23

VidéoMalgré un budget annoncé de plus de 700 milliards de FCFA pour l’année 2026, les habitants de Rufisque, ville historique aux portes de Dakar, les habitants sont excédés par la lenteur des travaux de réfection de l’espace urbain, rendant leur quotidien des plus pénibles.

Routes dégradées, chantiers interminables et circulation étouffante rythment le quotidien des populations de Rufisque qui peinent à voir les retombées concrètes des 700 milliards de FCFA annoncés.

Habitant de Rufisque, Balla Ndiaye ne dissimule pas sa lassitude face à des travaux qui s’éternisent et à un manque d’implication des populations dans les projets. «Les travaux sur la route durent depuis des mois, pour ne pas dire des années. On estime le budget à plusieurs milliards, mais on s’étonne car on ne voit pas cet argent sur nos infrastructures. On vit d’énormes difficultés. Ils sont là à faire des routes et ils ne prévoient même pas de passerelles pour les piétons. Pire encore, nous ne sommes même pas impliqués dans l’aménagement de notre propre espace.»

Cet autre habitant, Doudou Fall met en avant la lenteur des chantiers et ses conséquences sur la circulation. «Ces travaux sont trop lents et ne sont pas encore finis. La circulation est difficile.»

Acteur du transport, Fallou Samb élargit le débat en pointant un décalage entre les montants annoncés et les réalisations visibles, tout en appelant à une meilleure priorisation des investissements. «Les 700 milliards prévus pour les infrastructures pour 2026 tardent à porter leurs fruits. Nous demandons aux responsable de prendre exemple sur ce qui se fait à Dakar qui est dotée de passerelles, du BRT et fu TER. Et c’est ce qui fait défaut à Rufisque.»

Revenant sur les difficultés quotidiennes, Doudou Fall insiste sur la situation critique de la mobilité dans une zone pourtant stratégique. «Rufisque est l’accès principal pour entrer à Dakar. Les gens ne parviennent pas à circuler facilement, même pour aller au marché. Pourtant route nationale, elle est étroite et toujours encombrée. Il y a aussi ces travaux qui ne finissent pas.»

Enfin, Balla Ndiaye alerte sur les conséquences économiques et symboliques de cet état des routes, notamment le contournement de la ville. «Les véhicules qui partent pour Touba ou Thiès évitent l’axe Rufisque à cause du mauvais état des routes. Les gens préfèrent prendre le péage. Mais Rufisque ne doit pas être laissé tel quel. Il faut que le président sache que Rufisque est une ville historique.»

Rufisque ne réclame pas des annonces, mais des routes praticables, des chantiers achevés et une considération à la hauteur de son histoire. À défaut, le risque est clair: voir cette porte d’entrée de Dakar se transformer en point de rupture.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 13/04/2026 à 09h23