La décision du Premier ministre Ousmane Sonko de relever la limite d’âge des véhicules d’occasion importés est loin de faire l’unanimité chez les Sénégalais.
Cheikh Tidiane Gaye, Chef d’entreprise: «Sur le plan économique, je pense que ça permettra aux concessionnaires qui importent des véhicules d’avoir plus de possibilités d’importation, donc plus de ventes. Ça permettra aussi au Sénégalais lambda de pouvoir s’acquérir une voiture devenue une nécessité. Donc, si on autorise l’importation de voitures de 10 ou 15 ans, normalement les prix vont baisser, ce qui faciliterait l’acquisition pour tout Sénégalais qui en ressent le besoin».
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Mais cette décision ne fait pas l’unanimité. D’autres citoyens alertent sur les risques écologiques liés à l’importation de vieux véhicules dans un contexte économique déjà difficile.
Birame Ndaw, citoyen sénégalais: «Je comprends bien l’aspect économique, mais il faut aussi prendre en compte l’impact écologique. Nous sommes déjà confrontés à une situation de pollution importante. Vous voyez les vieux bus, les ”cars rapides”, des véhicules qui ont parfois plus de 30 ans. Ces véhicules polluent énormément, et ce n’est pas l’âge qui pose problème, mais le fait qu’ils ne sont pas entretenus et qu’ils consomment trop de carburant. Si on continue dans cette direction, on court à la catastrophe.»
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Pour les experts, l’impact écologique de ces véhicules va bien au-delà de leur âge. Alioune Tine, ancien président de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), a exprimé ses préoccupations sur les réseaux sociaux, dénonçant une politique qui pourrait transformer l’Afrique en «poubelle» des voitures les plus polluantes.
Selon lui, «autoriser l’importation de véhicules vétustes, c’est faire un bond en arrière dans notre lutte pour la protection de l’environnement. C’est contraire à la transition énergétique qui est une urgence mondiale. Nous devons penser à long terme et éviter de suivre une tendance dangereuse.»
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Alors que Dakar suffoque sous le poids de la pollution, d’autres capitales africaines, telles Casablanca, Addis-Abeba et Kigali, font le choix de l’innovation en optant pour des solutions durables. Le Maroc, par exemple, a instauré une taxe sur les véhicules usagés, l’Éthiopie se lance dans la fabrication de voitures électriques, et le Rwanda mise sur un urbanisme respectueux de l’environnement.




