À l’image de Moustapha Niasse, à ne pas confondre avec son homonyme de l’homme politique, artiste de formation est contraint de se réinventer. Faute de revenus suffisants, il s’est lancé dans l’entrepreneuriat. «Nous sommes des artistes, mais comme cela ne marchait pas beaucoup, nous nous sommes réinvestis dans l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, j’ai créé mon entreprise que j’ai nommée Darou Salam Café. Je prépare du café et du ”wass” que je propose aux passants. J’ai même des commandes. Mais je travaille seul, sans aide. L’État devrait nous accompagner davantage.»
Derrière cette volonté, cependant, une solitude et un manque d’accompagnement qui freinent l’élan. Dans un tout autre registre, que l’on imagine souvent plus stable, la médecine n’échappe pas aux crispations. Cheikh Diop, membre du Syndicat des médecins, pointe une situation qu’il juge injuste. «Les médecins ont toujours été désavantagés par rapport aux autres corps de la fonction publique. Aujourd’hui, un médecin peut gagner moins que d’autres fonctionnaires de la même hiérarchie. C’est une incohérence que le gouvernement doit corriger.»
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Entre l’informel qui peine à survivre et le public qui conteste ses conditions, le malaise est bien réel. Moustapha en appelle aux autorités. «Nous sommes les fils du pays, nous n’avons que le Sénégal. Qu’on nous identifie, qu’on nous forme davantage, qu’on nous protège et qu’on nous finance pour favoriser notre progression. Ceux qui nous dirigent devraient nous aider s’ils ne veulent pas nous voir quitter le pays. Un appui, voilà ce que nous attendons d’eux».
Du vendeur ambulant au médecin, la frustration est manifeste. Les statuts diffèrent, mais le sentiment d’injustice demeure.




