Selon les données de l’Eurostat relatives au troisième trimestre 2025, environ 34.155 personnes en situation irrégulière ont été expulsées vers leurs pays d’origine ou vers des pays tiers. Ce chiffre est en hausse de 14,6% par rapport à la même période de l’année précédente. «La grande majorité (82%) des personnes expulsées ont quitté l’UE, tandis que 18% de ces retours ont été effectués vers d’autres pays de l’UE», selon Eurostat. Sur ce nombre, environ 40% de tous les retours ont été classés comme «forcés».
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Toutefois, bien que les expulsions soient en hausse, seulement 36% du total des décisions de rapatriement ont été réellement exécutés. L’Allemagne (7.190 personnes expulsées), la France (3.760) et Chypre (3.000) arrivent en tête des pays qui ont le plus expulsé.
Selon les nationalités, ce sont les Algériens qui sont les plus concernés. Ce sont 12.325 Algériens qui ont été visés par les décisions expulsions au 3e trimestre 2025. Une donnée qui place l’Algérie au cœur des questions migratoires avec l’Union européenne.
Ces expulsions interviennent dans un contexte marqué par la persistance des flux migratoires d’Algériens vers les pays européens, à travers notamment la porte d’entrée que constitue l’Espagne.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), de novembre dernier, 54.000 Algériens auraient rejoint clandestinement l’Europe entre 2020 et 2024.
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Ces décision interviennent également dans un contexte politique très tendu entre Alger et plusieurs capitales européennes, particulièrement Paris.
Face à la pression des pays de l’UE, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé, le 11 janvier lors d’un conseil des ministres, sa volonté de régulariser les migrants en situation irrégulière à l’étranger.
Selon une loi votée en 2009, les Algériens qui quittent illégalement le pays risquent jusqu’à six mois de détention et leurs passeurs jusqu’à 20 ans de prison.
Des mesures qui n’ont pas réduit les flux des migrants clandestins poussés par le taux de chômage (30% pour les moins de 24 ans) et le manque de perspectives.
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Loin derrière les Algériens suivent les Marocains avec 6.670 décisions d’expulsion et les Turcs (6.350).
La France est le pays ayant le plus émis de décisions d’expulsion avec près de 33.760 au 3e trimestre 2025, devant l’Allemagne (12.510) et la Grèce (10.175). Toutefois, ces décisions n’ont été exécutées qu’à hauteur de 14% en France, un taux d’exécution à peu près identique à celui de la Grèce (14%), de l’Espagne (13%),…
Ces faibles taux s’expliquent par plusieurs facteurs dont les difficultés pour établir la nationalité d’origine de certains migrants, des problèmes de santé, de l’âge du migrant irrégulier (mineur non accompagné ou pas),…
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Toutefois, tout indique que les expulsions de migrants en situation irrégulière vont augmenter. Ainsi, au début de décembre dernier, les pays européens ont approuvé un projet de législation visant à accélérer les expulsions.
Celui-ci autorise les États membres à conclure des accords bilatéraux avec des pays tiers pour établir des centres d’accueil des migrants à l’étranger qui seront utilisés pour accueillir les migrants pendant le traitement des demandes et des vérifications de leurs statuts.
Les pays de l’UE pourront renvoyer les migrants en situation irrégulière vers des pays tiers sans lien avec leur origine, à condition qu’ils aient conclu des accords bilatéraux. Une décision dénoncée par les organismes de défense des droits de l’homme qui estiment que cet éloignement de ces centres pourrait donner lieu à des retours illégaux et à des détentions arbitraires.
En tout, 54.000 Algériens auraient rejoint clandestinement l’Europe entre 2020 et 2024, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
En outre, la nouvelle législation prévoit des conséquences juridiques plus sévères si la personne renvoyée ne coopère pas avec les autorités avec des possibilités de retrait du permis de travail et des sanctions pénales, y compris des peines d’emprisonnement.
Par ailleurs, le refus des pays tiers de réadmettre leurs ressortissants, pourrait affecter les relations bilatérales avec les pays qui décident de ces renvois.
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En plus, la nouvelle législation prévoit des conséquences juridiques plus sévères si la personne renvoyée ne coopère pas avec les autorités et prévoit des possibilités de retrait du permis de travail et des sanctions pénales, y compris des peines d’emprisonnement.
Enfin, les pays de l’UE ont adopté la reconnaissance mutuelle des décisions de retour entre les 27 membres de l’UE. Ainsi, la décision de retour prise par un pays devient valable pour l’ensemble des pays de l’UE.












