La déception était palpable, mais elle a immédiatement cédé la place à l’analyse lucide et au respect de l’adversaire. Othmane, le benjamin des supporters présents dans la salle, a su trouver les mots justes pour résumer l’état d’esprit général. «C’était un match assez difficile, honnêtement», concède-t-il, avant de poursuivre avec une fierté évidente: «Mais je suis fier du parcours du Maroc. C’était une belle CAN. Le Maroc et le Sénégal ont bien joué. Félicitations au Sénégal.» En une phrase, le jeune supporter esquisse les contours d’un football africain exigeant et compétitif, où la reconnaissance de la performance de l’autre est un réflexe naturel. Cette maturité, dans l’instant qui suit une finale perdue, pose d’emblée le ton d’un fair-play authentique.
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Cet état d’esprit se confirme et s’amplifie avec le témoignage de Brahim Id Bouhaddou. Son intervention transforme l’émotion sportive en une leçon de sagesse et de grandeur. «Le football c’est comme ça», lance-t-il, philosophe, acceptant avec sérénité les aléas du jeu. Ses félicitations vont spontanément aux «frères sénégalais», une expression qui efface toute velléité de rivalité antagoniste. Mais Brahim va plus loin: sa fierté se porte également sur l’organisation du continent. «On est fier d’avoir organisé une bonne CAN avec des infrastructures ultra modernes», souligne-t-il, rappelant ainsi que l’héritage de cette compétition dépasse le cadre du terrain. Il conclut par une maxime qui résonne comme un manifeste: «Encore félicitations au Sénégal, le football c’est le fair-play.» Une déclaration simple et puissante, qui élève le débat et fixe la véritable finalité du sport roi.
La perspective s’élargit encore avec la prise de parole de Son Excellence Abdellah Sbihi, Ambassadeur du Maroc au Gabon. Reprenant le flambeau de la fraternité, il adresse ses «félicitations aux frères sénégalais pour cette belle victoire amplement méritée», qualifiant la confrontation d’« exceptionnelle entre deux nations frères ». Son regard de diplomate et de fin observateur saisit l’essence de l’événement: «Je retiens l’exploit africain de cette belle organisation, une première édition avec 24 nations africaines. Bravo à toutes les nations pour leur fair-play.» Il inscrit ainsi la performance marocaine et sénégalaise dans un cadre plus vaste, celui du succès collectif du continent et de la conduite irréprochable de tous ses acteurs.
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Enfin, avec une élégance tournée vers l’avenir, l’Ambassadeur trace la perspective des rendez-vous à venir, évoquant l’édition tripartite de 2027 en Afrique de l’Est et formulant des vœux de réussite aussi bien pour le Gabon que pour le Maroc. Cette ouverture conclut parfaitement un cycle de paroles où l’amertume n’a eu aucune place.
A Libreville, dans l’enceinte de l’Ambassade du Maroc, on n’a pas seulement assisté à un match de football. On a été témoin d’une démonstration éclatante de ce que le sport peut porter de plus beau: la capacité à unir, à inspirer le respect et à célébrer, ensemble, la beauté du jeu et du continent qui l’accueille. La défaite, dans ces conditions, n’est qu’un détail ; la vraie victoire est celle de l’âme sportive africaine.




