Jusqu’au 1er mars, se déroule la 18e édition du Tour du Rwanda, l’une des compétitions cyclistes les plus exigeantes et les plus convoitées du continent africain. Sur des routes escarpées et face à un peloton relevé, de jeunes coureurs africains vivent leur première immersion au très haut niveau, entre apprentissage, dépassement de soi et rêves de carrière internationale.
Rodney Masemola, coureur sud-africain de la Tshenolo Pro Cycling Team, découvre enfin une course qui nourrissait ses ambitions depuis longtemps. «Participer à une course au Rwanda était un rêve de longue date», confie-t-il.
Inspiré par ses compatriotes déjà passés par cette épreuve, le jeune coureur voit dans cette participation «une nouvelle étape d’apprentissage», notamment au contact d’athlètes plus expérimentés. «J’ai compris la nécessité de me dépasser, de surmonter la douleur et même de l’accepter», explique-t-il, convaincu que cette expérience laissera des traces positives bien au-delà du classement final.
Des cyclistes lors de la 18e édition du Tour du Rwanda qui se déroule du 22 février au 1er mars 2026 avec la participation de 18 équipes et sélections venues de différentes régions du monde. . N. Fraterne/Le360 Afrique
Pour beaucoup de jeunes Africains, le Tour du Rwanda est avant tout une première immersion dans l’univers d’un grand tour. C’est le cas d’Arafat Kimuli, 20 ans, originaire de l’Ouganda et coureur de la CAC Mixed Team, qui découvre ici les exigences du peloton professionnel.
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«Je n’avais jamais participé à un tour auparavant, donc il est normal que j’ai du mal», reconnaît-il. Mais, étape après étape, l’apprentissage est rapide. «J’ai appris à rouler dans un grand peloton, à suivre le rythme avec les autres. Au début, je me faisais distancer dans les montées, mais maintenant je peux rester avec eux.»
Cette progression est précisément ce que recherchent les jeunes talents africains en venant au Rwanda. Pour Kimuli, l’enjeu dépasse largement cette seule compétition. «Participer à une telle course pour la première fois me permettra probablement d’intégrer une bonne équipe», affirme-t-il, voyant dans le Tour du Rwanda une préparation idéale avant d’autres échéances majeures, notamment les championnats du monde. Rouler proprement, gérer un peloton dense, éviter les chutes: autant de compétences essentielles qui s’acquièrent ici, sur les routes rwandaises.
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Même pour les coureurs plus aguerris, le Tour du Rwanda reste un marqueur fort de l’évolution du cyclisme africain. Cissé Issiaka, également engagé avec la CAC Mixed Team, mesure le chemin parcouru. «Le niveau a considérablement augmenté par rapport à ma première participation en 2010», observe-t-il. Routes améliorées, organisation renforcée, densité du peloton: «Franchement, tout a évolué de manière très positive.»
Cette montée en gamme ne doit rien au hasard. Avec l’arrivée de nouvelles équipes, une participation accrue de jeunes coureurs africains et un encadrement de plus en plus professionnel, le Tour du Rwanda s’affirme comme un véritable tremplin continental. Une plateforme où l’on ne vient plus seulement pour finir une course, mais pour apprendre, progresser et se projeter vers une carrière internationale.
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Au-delà des témoignages, cette édition confirme une tendance structurelle: 41% des coureurs engagés ont moins de 20 ans, contre à peine 20% l’an dernier, et 30 anciens participants du Tour du Rwanda ont déjà intégré des équipes World Tour, le plus haut niveau du cyclisme mondial.
Une réalité qui renforce l’image de la course comme un laboratoire de talents et un sas d’accès vers le professionnalisme. À l’heure où le cyclisme africain cherche à s’imposer durablement sur la scène internationale, le Tour du Rwanda s’affirme plus que jamais comme un accélérateur de carrières— et comme l’un des héritages concrets des Mondiaux de Kigali.

















