Tour du Rwanda 2026 de cyclisme: sacre européen, promesses africaines

Les derniers tours des cyclistes lors du Tour du Rwanda 2026 à Kigali.

Le 03/03/2026 à 14h00

VidéoLa 18ᵉ édition du Tour du Rwanda, disputée du 22 février au 1ᵉʳ mars, restera comme la plus exigeante de l’histoire de l’épreuve. Marquée par un niveau international inédit, elle a consacré un nouveau vainqueur, révélé une génération africaine ambitieuse et confirmé la montée en puissance du cyclisme rwandais sur la scène continentale.

À 24 ans, l’Allemand Moritz Krestchy a inscrit son nom au palmarès du Tour du Rwanda pour la première fois, au terme d’une course éprouvante physiquement et tactiquement. Pour sa troisième participation, le coureur a su tirer les leçons du passé: équipier lors de sa première venue, contraint à l’abandon en 2025, il s’est cette fois montré constant et solide jusqu’à la dernière étape. Il a parcouru 997,8 km en 23 heures, 8 minutes et 48 secondes.

«Remporter l’épreuve cette année a une signification très forte après ce qui s’est passé l’an dernier», confie-t-il, saluant «le formidable travail collectif de son équipe».

Le podium est complété par l’Allemand Johannes Adamietz (Rembe | Rad-Net), deuxième, et le Belge Duarte Marivoet Scholiers (Lotto–Dstny), troisième. Trois coureurs européens, mais dans une course où l’Afrique a plus que jamais tenu son rang.

S’il n’a pas joué la victoire finale, l’Erythréen Henok Mulubrhan a marqué les esprits en remportant la huitième et dernière étape à Kigali, devenant le premier Africain vainqueur d’une étape lors de cette édition particulièrement relevée.

«Si l’Afrique accueillait davantage de courses de ce niveau, avec une forte participation africaine, nous pourrions montrer notre potentiel au monde», affirme-t-il.

La régularité africaine est également incarnée par l’Éthiopien Desta Teweldemenedhn Amaniel (Team Amani), sacré meilleur coureur africain du Tour. Sa performance confirme l’émergence d’équipes continentales de plus en plus compétitives, capables de rivaliser sur la durée avec des formations européennes aguerries.

Côté rwandais, Samuel Niyonkuru (Team Amani) termine meilleur coureur national. Un résultat qui traduit autant une progression individuelle qu’un choix collectif assumé.

«J’ai mis mes ambitions personnelles de côté pour aider mon coéquipier mieux placé», explique-t-il, qualifiant cette édition de «la plus ardue de toutes».

Dans une course où même des nations africaines traditionnellement dominantes ont souffert, la performance rwandaise s’inscrit dans une logique de construction à long terme. Le maillot de meilleur grimpeur, remporté par l’Allemand Miguel Heidemann, illustre d’ailleurs l’extrême difficulté d’un parcours taillé pour les spécialistes de la montagne.

Avec un peloton international dense, une forte présence de jeunes coureurs africains et un niveau sportif rehaussé par l’héritage des Championnats du monde de cyclisme sur route organisés à Kigali en 2025, le Tour du Rwanda 2026 marque un tournant. Plus qu’une course, l’épreuve s’affirme comme un laboratoire du cyclisme africain moderne, exigeant, ambitieux et résolument tourné vers le très haut niveau. D’ailleurs, les autorités sportives du Rwanda ont l’ambition de porter le Tour du Rwanda au statut WorldTour et cela ne devrait pas prendre plus longtemps à se matérialiser selon les observateurs.

Par Fraterne Ndacyayisenga
Le 03/03/2026 à 14h00