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Vidéos. Algérie: voici pourquoi les accès à la capitale ont été bloqués ce mardi

Mise à jour le 17/03/2021 à 16h25 Publié le 16/03/2021 à 19h20 Par Karim Zeidane

#Politique
routes barrées
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#Algérie : Tous les accès à la capitale algérienne ont été bloqué ce mardi 16 mars 2021. Et ce n’est pas la marche hebdomadaire des étudiants que les autorités redoutaient.

Les autorités algériennes ont très tôt ce matin bloqué tous les accès à la capitale, Alger. Les gendarmes étaient sur le qui-vive et ont installé des barrages filtrants au niveau de tous les accès à la capitale, comme le montrent les images des vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Des barrages qui ont entrainé des bouchons monstres au niveau des artères menant vers la capitale. Le trafic sur l’autoroute Est-Ouest était à l’arrêt dans les deux sens, faisant vivre aux automobilistes qui se rendaient à Alger ce mardi, un véritable calvaire, qui a engendré indignation et colère.



Si ces barrages à l’entrée d’Alger sont de plus en plus nombreux les jours ou la veille des marches hebdomadaires du Hirak, cette fois-ci le blocus imposé aux automobilistes vise à empêcher les retraités et les radiés de l’armée d’organiser leur marche de protestation dans la capitale, selon Algérie-Eco.

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Il faut dire que les autorités redoutent les marches de cette catégorie de manifestants qui souhaitent faire entendre leurs voix auprès du ministère de la Défense. La dernière en date avait été violemment réprimée, suscitant l'indignation dans le pays.  

C’est l’annonce de leur sit-in dans la capitale qui a poussé les autorités à faire quadriller la capitale par des gendarmes et des policiers. Contrairement aux manifestants pacifiques du Hirak, les autorités craignent la radicalisation des militaires retraités, invalides et radiés dont la situation sociale est désastreuse.



Ce sont des anciens actifs qui revendiquent l’amélioration de leurs conditions sociales depuis le début des années 2000, et ce, sans succès.

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Du fait de la nature des personnes qui portent ce mouvement et de la complexité des revendications, les autorités algériennes essayent par tous les moyens d’éviter de gérer ces manifestants dans la capitale.



Les militaires radiés, invalides et retraités ont un chapelet de revendications, dont le droit à la pension pour les uns, la réhabilitation pour les autres, la réintégration dans l’armée réclamées par les anciens militaires de la décennie noire (ils seraient plus de 25.000 ex-militaires à avoir combattu dans les maquis et dont l’ANP n’a pas voulu dans ses effectifs), l’indemnisation des radiés avec effet rétroactif depuis la date de radiation, la revalorisation de la pension pour les petits gradés dont le montant de 30.000 dinars (185 euros) est insuffisant, la pension d’invalidité, la prise en charge médicale, l'accès à l’emploi et au logement, la réintégration des éléments encore actifs,…

Autant de revendications légitimes pour des gens qui se sont engagés et qui ont défendu les couleurs nationales.

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Fin décembre dernier, Tamer Ghodbane, président de l’Organisation nationale des retraités de l’Armée nationale populaire (ANP), avait annoncé à l’APS, que plus de 20.000 dossiers de radiés de l’ANP seront examinés avant fin janvier 2021.

Toutefois, les manifestants font face à un mur. Ni le ministère de la Défense et encore moins le gouvernement ne souhaitent réellement s’engager sur le règlement définitif de ce dossier qui traine depuis des années, voire des décennies.



Il faut dire que ce règlement exigera des autorités des sacrifices financiers colossaux que le régime ne semble plus être en mesure d’honorer. La chute des cours de pétrole a entrainé une baisse drastique des recettes des hydrocarbures qui représentent plus de 50% des ressources du budget de l’Etat. N’ayant plus de marge de manœuvre, le gouvernement préfère laisser pourrir la situation des militaires retraités, radiés et invalides, comme l’avaient fait les régimes précédents de Bouteflika et Bensalah.

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Ironie du sort, alors que le gouvernement n’arrive pas à régler le problème de ses retraités, invalides et radiés, il continue à s’armer de manière inquiétante et au détriment de toute logique. Selon le dernier rapport de Sipri, le pays est le 5e acheteur d’armes au monde sur la période 2016-2020, derrière l’Arabie saoudite (11%), l’Inde (9,5%), l’Egypte (5,8%) et l’Australie (5,1%), avec 4,7% du montant global des importations d’armes dans le monde. 

Seulement, ces achats d'armes coûteux et qui finissent par être obsolètes faute d'utilisation et d'entretien génèrent de fortes commissions au profit de la galaxie des généraux qui justifient ces dépenses par des menaces extérieures!
Le 16/03/2021 Par Karim Zeidane

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