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Covid-19. Maroc, Algérie, Tunisie: voici les nouvelles prévisions de croissance de l’Institute of International Finance

Mise à jour le 31/03/2020 à 08h38 Publié le 30/03/2020 à 14h28 Par Moussa Diop

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#Maroc : Le coronavirus aura des répercussions négatives importantes sur les économies de la région Afrique du Nord & Moyen-Orient. Le Produit intérieur brut (PIB) de la région devrait reculer à -0,3% en 2020, à cause du Covid-19, selon les dernières prévisions de l’IFF.

La croissance ne sera pas au rendez-vous pour la région Moyen-Orient & Afrique du Nord (MENA) en 2020. L’Institut des finances internationales, une association mondiale des grandes banques et institutions financières dont le siège se trouve à Washington, avait prévu une croissance du PIB de la région de l'ordre de 1,8% en 2020, mais vient de revoir ses prévisions initiales largement à la baisse, à cause des effets négatifs attendus de la pandémie de coronavirus sur les économies de la région.

Désormais, l'association table sur une évolution négative du PIB global pour la région MENA de l’ordre de -0,3% pour l’ensemble des pays qui composent cette zone délimitée sur deux continents. 

La chute du cours du baril de pétrole, à cause de la pandémie de Covid-19, actuellement aggravée par les mesures de confinement qui concernent en ce moment 3 milliards de Terriens, ainsi que la baisse de la demande mondiale en matières premières et en produits agricoles, combinées à la mise à l’arrêt de l'activité touristique expliquent en grande partie ces prévisions à la baisse.

Toutefois, les pays qui composent la région MENA ne seront pas tous logés à la même enseigne, et certains dont les économies sont très peu diversifiées, et reposant sur des rentes, seront les plus affectées.


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L’Egypte, l’économie la plus dynamique de la région, devrait voir sa croissance baisser de moitié, passant d’un taux de croissance de 5,4% initialement prévu, à seulement 2,7% en 2020. Le pays est particulièrement touché, du fait de l’impact du coronavirus sur l'activité touristique, stratégique pour le pays, et qui pèse pour près de 8% du PIB égyptien. De même, l’Egypte devra aussi faire face à la baisse des revenus générés par le transit des navires sur le Canal de Suez et celle des transferts de la forte diaspora égyptienne établie à l’étranger, tout particulièrement dans les pays du Golfe, fortement touchés par la chute du cours du baril de pétrole.

Derrière l’Egypte, le Maroc affichera la seconde performance de la région MENA. Toutefois, l'IIF divise quasiment par trois sa prévision initiale du taux de croissance du royaume, à cause des conséquences du Covid-19. Alors que cette association tablait sur un taux de croissance initial de 3,2%, désormais, ses experts prévoient une croissance du PIB marocain de seulement 1,1% en 2020. L'activité économique au Maroc est particulièrement touchée dans le secteur des services, dont ceux liés au tourisme, et aux transports.


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Devenue la première destination touristique du continent au cours de ces dernières années, le Maroc est aujourd'hui confronté, à l’arrêt de cette activité stratégique, qui pèse pour près de 7 à 8% de son PIB. L'ensemble des activités de la chaîne de valeur liée au tourisme dans le pays sont très durement impactés, dont le transport aérien, l’hôtellerie, l’artisanat, la restauration, les agences de voyages, etc.

Le royaume subit aussi la baisse de la demande mondiale consécutive à la crise liée au Covid-19, et du fait de la baisse de son activité de production de biens et de services, liée à l'application de la mesure du confinement total décrété pour l'ensemble de la population, saufs pour quelques cas précisés par le gouvernement, le Maroc ne tire que très faiblement profit de la baisse actuelle qu'enregistre le cours du baril de pétrole.

Devant les conséquences sociales et économiques liées à cette pandémie, le roi Mohammed VI a initié un Fonds de solidarité, et la banque centrale, Bank Al-Maghrib, a adopté des mesures visant à favoriser la relance économique, en abaissant son taux directeur, et en fournissant plus de liquidités aux banques, afin que celles-ci octroient davantage de crédits aux entreprises, notamment les TPE et PME.


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Comme le Maroc, la Tunisie aussi subit de plein fouet les effets de la pandémie du coronavirus sur son économie, qui n’était déjà pas bien portante depuis près d'une décennie. Le pays, qui espérait réaliser sa meilleure croissance depuis 2011, année des printemps arabes, voit ses espoirs d’envoler à cause du Covid-19. L’IIF, qui tablait sur une croissance de 2,5% en 2020, vient de diviser sa prévision par cinq. Désormais, l'association ne table que sur une croissance positive de 0,5% en 2020 pour l'économie tunisienne. 

Le pays, qui avait enregistré une année touristique record en 2019, en termes d’arrivées et de recettes, va fortement pâtir de l’arrêt net de cette activité. Ces secteurs exportateurs vont également souffrir de la baisse de la demande des pays européens, particulièrement affectés par la pandémie du coronavirus.

Et à l’instar du Maroc, la Tunisie ne pourra pas non plus compter sur les Investissements directs étrangers (IDE) du fait que les investisseurs européens, à cause de cette conjoncture de crise sanitaire mondiale, auront tendance à reporter leurs projets d’investissement à une date ultérieure.


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L’activité économique en Algérie est quant à elle, la seule des quatre pays de la région Afrique du Nord (la Libye n’ayant pas été intégrée par cette étude) à devoir enregistrer une évolution négative de son PIB en 2020. Alors que l'IFF tablait, pour l'Algérie sur une croissance de l’ordre de 1,6% en 2020 avant le déclenchement de la pandémie, ses experts avancent désormais un PIB en baisse de -1,5% pour cette année.

L’Algérie est en effet touchée de plein fouet par la chute du cours du baril de pétrole, qui s’échange actuellement autour de 24 dollars, alors que le pays avait misé sur une hypothèse de 50 dollars alors que sa loi de Finances pour l'année 2020 était encore à l'état de projet. Alors mpeme que la production pétrolière algérienne représente 95% des recettes d’exportation, et près de 60% de ses recettes budgétaires, le pays a été contraint d'opérer des coupes drastiques sur son budget et de geler de nombreux projets en cours, pour pouvoir affronter au mieux la chute de ses recettes pétrolières.


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Selon les calculs des experts de l'IIF, sur la base du scénario de référence d'un prix moyen du baril de pétrole, estimé par cette association, à 40 dollars le baril, les 9 pays exportateurs de pétrole de la région MENA pourraient voir leurs revenus issus de leur production d'hydrocarbures diminuer de 192 milliards de dollars, soit 11% de leur PIB, en 2020.

Au niveau mondial, l’IIF prévoit une récession qui entraînera une réduction du commerce, des Investissements directs étrangers, des flux touristiques, et des transferts monétaires des émigrés depuis leur pays d'accueil. 

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Le 30/03/2020 Par Moussa Diop