Crise économique: le scénario du Venezuela guette-t-il l'Algérie?

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Le 16/02/2017 à 20h31, mis à jour le 17/02/2017 à 10h47

Revue de presseL’Algérie traverse une crise aigüe à cause de la chute des recettes tirées des exportations des hydrocarbures. Certains pensent que si le niveau bas des cours du pétrole persiste et que des réformes ne sont pas entreprises, le pays risque de connaître une crise à la Vénézuelienne.

Kiosque le360 Afrique. L’Algérie pourrait-elle connaître le scénario du Venezuela? Si pour certains cela paraît irréaliste, d’autres pensent que la question mérite d’être posée. En tout cas pour tsa-algérie.com, ce scénario n’est pas à occulter. Dans un article intitulé «Pétrole: l’Algérie et le Venezuela souffrent des mêmes maux», un parallèle est fait entre les deux pays.

Pour le moment, l’Algérie est loin de cette situation. Elle dispose des réserves encore suffisantes pour importer des biens et services et son économie est relativement plus diversifiée que celle du Venezuela, pense l'auteur de l'étude ayant inspiré l'article de TSA.

Reste que si un scénario à la vénézuelienne semble à exclure, pour Christopher Dembik, responsable mondial de la recherche macro-économique chez Saxo Bank, cité par TSA, «ça ne fait pas sens d’imaginer que le pays puisse se transformer en Venezuela». Pour lui, «le Venezuela et l’Algérie n’ont pas cherché à diversifier leur économie». Ils ont tous les deux misé sur l’achat de la paix sociale en dilapidant des ressources importantes dans des subventions de toutes sortes.

L'Algérie a épuisé le matelas de ses réserves tirées du pétrole

Or, avec la chute des cours du baril de pétrole, les deux pays, dépendant exclusivement du pétrole pour leurs exportations, ne pouvaient continuer leur politique de redistribution.

Conséquence, pour le Venezuela, le pays ne disposant plus de suffisamment de ressources financières n’arrive plus à importer des produits de première nécessité. Du coup, les pénuries se multiplient et c’est l’hyperinflation avec des taux dépassant les 800%.

Ce n’est pas le cas pour l’Algérie. Et c’est pour éviter de suivre l'exemple du Venezuela que le gouvernement algérien a entrepris une série de mesures visant à réduire certaines subventions tout en augmentant les taxes sur une série de produits.

Reste que les mesures prises dans le cadre de la loi de finances 2017 sont jugées insuffisantes. La Banque centrale algérienne et le FMI insistent sur la nécessité d’entreprendre des réformes sérieuses pour sortir l’Algérie du tout pétrole. En attendant, comme le Venezuela, l’Algérie est dépendante de l’or noir qui lui assure 95% de ses recettes d’exportation et 60% du budget du pays. Et malheureusement pour elle, les recettes ont lourdent chuté, passant de 60,3 milliards de dollars en 2014 à 35,72 milliards de dollars en 2015.

Si de telles mesures ne sont pas mises en place, le pays risque de connaître un défaut de paiement une fois que ses réserves de change seront épuisées.

Par Karim Zeidane
Le 16/02/2017 à 20h31, mis à jour le 17/02/2017 à 10h47