Algérie: un éminent économiste quitte le panel pour le dialogue

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Le 31/07/2019 à 10h34, mis à jour le 31/07/2019 à 10h37

L'expert en économie Smaïl Lalmas a décidé de se retirer de la commission mise en place par le régime pour organiser un "dialogue national". Sa démission intervient juste après le discours de Ahmed Gaïd Salah, qui continue de dérouler son propre agenda pour choisir à l'Algérie son futur président.

Un de moins pour le panel mis en place par Abdelkader Bensalah, le président algérien par intérim. L'économiste Smail Lalmas a annoncé dans un communiqué sa démission de la commission de médiation, qui comptait initialement six membres, et qui cherche à coopter d'éminentes personnalités pour gagner en crédibilité. 

Il explique avoir échoué à faire adopter les mesures d'apaisement exigées par le Hirak algérien. "En l'absence d'une réponse positive aux demandes populaires concernant les mesures d'apaisement pour réussir le dialogue, et compte tenu des pressions auxquelles je fais face depuis l’installation de la commission, j'ai décidé de me retirer et de démissionner immédiatement dés cet instant", écrit Smail Lalmas sur son compte Facebook, dans un message adressé à la fois "au peuple algérien" et aux membres de la commission. 

Il explique, en outre, avoir "essayé de toutes [ses] forces d’aider à sortir [son] pays de la crise, mais cette tâche est au-dessus de [ses] capacités". 

Il convient de rappeler qu'entre autres mesures d'apaisement, les manifestants exigent la libération des détenus d'opinion, dont font partie les citoyens poursuivis par la justice pour avoir brandi des drapeaux amazighs, mais également des personnalités comme Louisa Hanoune, leader du Parti du Travail (PT), ou encore le général à la retraite Houcine Benhadid. 

La démission de Smaïl Lalmas intervient quelques heures seulement après un discours particulièrement offensif de Ahmed Gaïd Salah, qui a rejeté en bloc les préalables du Hirak algérien, qu'il a estimés inacceptables.

Le général de corps d'armée, vice-ministre de la Défénse et chef d'état-major de l'Armée nationale populaire est accusé par plusieurs de ses compatriotes de vouloir contrôler le processus de choix du futur président.

Sa dernière sortie, très martiale, contre le mouvement de constestation est venue renforcer ce sentiment. 

Par Mar Bassine Ndiaye
Le 31/07/2019 à 10h34, mis à jour le 31/07/2019 à 10h37