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Algérie: Rachid Nekkaz propose une aide financière à l’Etat pour nourrir correctement les prisonniers de Koléa

Mise à jour le 26/12/2020 à 16h22 Publié le 25/12/2020 à 17h32 Par Karim Zeidane

#Politique
Rachid Nekkaz

Rachid Nekkaz, opposant politique détenu à la prison de Koléa.

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#Algérie : L’opposant Rachid Nekkaz vient d’adresser une lettre au ministre de la Justice Belkacem Zeghmati. Le détenu politique dénonce les carences alimentaires au niveau de la prison et propose des aides financières à l’Etat algérien afin de nourrir correctement les 4.000 détenus du «Guantanamo algérien».

Même en prison, l’opposant algérien multiplie les sorties pour pointer les disfonctionnements de l’Etat. Après avoir proposé, le 4 décembre, la mise en place d’un gouvernement de transition pendant 12 mois, dirgé par des «personnalités nationales respectées» face à l’absence prolongée du président Abdelmadjid Tebboune, Rachid Nekkaz a adressé, ce vendredi 25 décembre, une autre lettre au ministre de la Justice Belkacem Zeghmati.

Une lettre qui fait suite à un constat amer de disparition de plusieurs denrées alimentaires dans les rations des prisonniers, Nekkaz, qui est aussi un hommes d’affaires, a proposé ses services afin d’améliorer le quotidien des 4.000 locataires de la prison.




«Monsieur Belkacem Zeghmati, depuis trois mois, nous ne mangeons plus de viande, ni de poulet ni de dessert ni de fruits de saison ni de yaourt à la prison de Koléa. A titre d’exemple, lors de ces neufs derniers jours, nous avons ”savouré” quatre fois des lentilles et à quatre reprises des haricots comme en temps de guerre. Les 4.000 détenus se plaignent de l’alimentation en milieu carcéral surtout depuis l’interdiction, en mars 2020, de la nourriture venant des familles à cause du virus Covid-19», lit-on dans cette missive adressée au Garde des sceaux algérien et publiée sur la page Facebook de l’opposant.


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Il faut dire qu’à cause du Covid-19, dans un souci de limiter les contagions en milieu carcéral suite à l’enregistrement de nombreux cas de Covid-19 qui ont touché de nombreuses personnalités dont certaines en sont morts, les autorités avaient décidé d’interdire la nourriture apportée par les familles, qui était bien évidemment de loin meilleure que celle servie en prison.

Après avoir expliqué les conditions désastreuses des prisonniers de cette grande prison algérienne et ses 4.000 locataires dont des opposants politiques, journalistes, oligarques, terroristes, hirakistes, prisonniers de droits commun... Une prison que Nekkaz a qualifiée de «Guantanamo algérien», dans un post publié le 23 décembre, y dénonçant l’installation d’un groupe de 8 émirs et de sympathisants de Daech.



Nekkaz, tout en rappelant au ministre les obligations de l’Algérie à traiter convenablement ses prisonniers en respectant les droits de l’Homme les plus élémentaires dont la satisfaction du «minimum nutritionnel» propose une solution provisoire et ironique au ministre de la Justice.


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«En attendant que le président Tebboune récupère l’argent volé et transféré à l’étranger par la mafia de Bouteflika comme il l’avait promis lors de sa victoire, le 21 décembre 2019, je vous propose donc en urgence mon aide financière afin que tous les détenus de la prison de Koléa puissent manger deux fois par semaine de la viande ou du poulet et un dessert par jour comme en France en 1962».

A travers cette sortie et les révélations sur la nature de la ration alimentaire offerte aux détenus, Nekkaz fait d'autres révélations gravissimes sur les budgets et leur gestion opaque qui malheureusement se répercute sur les conditions de vies dramatiques des détenus.


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La situation alarmante des détenus s’est aggravée avec le nombre élevé de détenus dans les prisons du pays, qui sont devenus surpeuplées, à l’instar de celle de Koléa. En adressant cette lettre au ministre de la Justice, Nekkaz surfe sur un sujet tabou qu’évitent de dénoncer les locataires des prisons de peur de représailles des gérants de ces prisons.

En prison depuis le 4 décembre 2019, Rachid Nekkaz, ancien candidat à la présidentielle de 2019, derrière le Mouvement pour la jeunesse et le changement (MJC), attend toujours son jugement. L’homme d’affaires, militant des droits de l’Homme et une des figures du Hirak, a été arrêté après avoir annoncé son intention de porter plainte contre le chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la Défense à l’époque, feu Ahmed Gaïd Salah.
Le 25/12/2020 Par Karim Zeidane