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Coronavirus: alors que le cours du pétrole chute, celui de l'or, valeur refuge, grimpe

Mise à jour le 02/03/2020 à 13h01 Publié le 02/03/2020 à 12h58 Par Moussa Diop

#Economie
Or et pétrole
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#Autres pays : L’impact économique de l’épidémie du covid-19 commence à se faire ressentir sur le cours des matières premières. Celui du pétrole, qui n’était pas sur une bonne tendance, connaît une chute spectaculaire. Mais celui de l’or joue pleinement son rôle de valeur refuge et son cours grimpe fortement.

Au fur et à mesure que l’épidémie de coronavirus se propage, son impact sur l’économie mondiale devient de plus en plus perceptible.

Après une période d’insouciance, devant les effets de la propagation de cette épidémie, l’inquiétude commence à gagner du terrain.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’épidémie du coronavirus met «en péril la reprise de l’économie mondiale».

De nombreux pays producteurs et exportateurs de matières premières et agricoles commencent à s’inquiéter, à cause des conséquences que pourrait avoir la chute des cours de certaines matières premières.

C’est notamment le cas de nombreux pays africains exportateurs de pétroles, de métaux et de produits agricoles, dont certains ont vu leur cours chuter lourdement, depuis l’apparition de l’épidémie.

C’est particulièrement le cas du pétrole, qui était déjà sous pression depuis des mois, à cause d'une surproduction consécutive à l’augmentation continue de la production américaine, et qui subit actuellement de plein fouet les effets du coronavirus, qui affecte la seconde économie mondiale, ainsi que "l'atelier du monde", la Chine.


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A cause de l'épidémie de coronavirus, l’économie chinoise traverse actuellement un ralentissement de sa demande, consécutif à l’arrêt de plusieurs unités industrielles, des transports aériens hors du territoire chinois, ainsi du ralentissement de nombreuses activités de production de biens et de services. 

Conséquence logique, le cours du baril de Brent n’a pas cessé de baisser. A la fin de la dernière journée de la semaine dernière, le cours du baril de pétrole de la Mer du Nord pour livraison en avril a plongé de 3,2% à 50,52 dollars.

Sur toute la semaine, l’or noir a perdu 13,6%, soit la plus forte baisse enregistrée pour une semaine depuis 2008.

En plus de la surproduction, la propagation du coronavirus fait craindre un ralentissement de l’économie mondiale, la Chine étant non seulement l'atelier du monde, mais aussi, et depuis quelques années déjà, le principal partenaire économique et financier des pays africains.


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Cette tendance baissière risque de s’aggraver au fur et à mesure que l’épidémie touche de plus en plus de pays, impactant plusieurs secteurs mondiaux, dont le tourisme et le transport aérien, du fait de la forte diminution des voyages, qui vont aussi peser sur l'économie du pays.

Au niveau mondial, et uniquement concernant le secteur des transports aériens, l’épidémie aurait déjà causé une perte de de l'ordre de 28 milliards d’euros, ce qui risque de mettre en péril l'équilibre financier des compagnies aériennes, qui seront les plus affectées.

Tous les signes montrent que cette baisse risque malheureusement de se poursuivre. La baisse annoncée, de 600.000 barils de pétrole par jour par les pays de l’OPEP risque de ne pas peser sur la balance pour faire remonter les cours.

Certains analystes pensent même qu’on pourrait voir le cours du baril descendre autour des 40 dollars, ce qui mettrait à mal toutes les projections budgétaires des pays qui avaient tablé sur un cours moyen au-dessus des 50 et 60 dollars.


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En Afrique, l’impact du coronavirus sera très négatif sur les économies des pays du continent, très dépendantes du cours du pétrole et de l’économie chinoise.

C’est notamment le cas des économies algériennes et angolaises, qui dépendent fortement de l'or noir et de l’économie chinoise.

En Algérie, les hydrocarbures et leurs dérivés pèsent pour plus de 95% des recettes d’exportations du pays. Cette épidémie qui a fait son apparition dans ce pays risque donc de compliquer davantage les plans du gouvernement, qui souhaite relancer l’économie algérienne, en crise depuis plusieurs années.

Ce qui est valable pour le pétrole l’est aussi pour de nombreuses autres matières premières et produits agricoles, dont la demande est très dépendante de la Chine.

Ainsi, les cours du cuivre, de l’aluminium, du nickel ou du zinc ont tous baissé depuis la mi-janvier. Les stocks sont en hausse, à cause de la baisse de la consommation, ce qui accentue la baisse des cours.

La demande de cuivre a fortement baissé du fait que les utilisateurs en aval ont cessé d’acquérir des matières premières. Or, la Chine est responsable de près de 50% de la consommation mondiale.

Par ailleurs, le coronavirus apporte son lot d’incertitudes au niveau du marché des produits agricoles.

La baisse de la consommation des ménages chinois fait craindre un ralentissement économique mondial qui pourrait avoir des répercussions sur les cours des matières premières agricoles.


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Si le cours des matières premières et des produits agricoles est en baisse, celui de l’or, quant à lui, continue à briller.

Cette valeur refuge profite de la terrible épidémie de coronavirus qui frappe plusieurs pays à travers la planète, et le métal précieux a vu son cours augmenter, au fur et à mesure que la panique gagnait le monde.

Il faut dire que le cours de l'or était déjà sur un trend haussier à cause du Brexit, des tensions géopolitiques, de la guerre commerciale, etc.

Toutefois, l’aggravation de la chute du cours du baril de pétrole, à cause du coronavirus, profite encore plus à l’or, dont le cours ne cesse de grimper.

Le cours du métal jaune a ainsi atteint son plus haut niveau en sept ans, et s’échange à 1.689,31 dollars l’once, avant d'avoir marqué une baisse le vendredi 28 février dernier, dans el sillage de la chute des marchés boursiers.

Le cours de ce métal s’échange ce lundi 2 mars autour des 1610 dollars. La tendance haussière devrait se poursuivre, lorsque certaines banques centrales se mettront à la planche à billets pour compenser la chute de l'activité et relancer les économies de la planète.

La panique, qui commence à gagner les marchés financiers, devrait aussi pousser les cours de l’or vers des sommets.

Les perspectives du prix du métal jaune à moyen terme se situent autour de 2.000 dollars l’once, contre un peu plus de 1.600 dollars l’once actuellement.

Une situation qui va grandement profiter aux producteurs d'or africains que sont le Ghana, le Soudan, l'Afrique du Sud, le Mali et le Burkina Faso. 


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L’or est en effet un des rares métaux à connaître une telle tendance haussière. Le cours de  l'or devrait continuer à grimper, au fur et à mesure que l’épidémie touche de plus en plus de pays, et commence à peser sérieusement sur l’économie mondiale et les marchés financiers.

En plus du la hausse du cours de l’or, le cours des terres rares devraient aussi connaître une tendance haussière.

Puisque la Chine détient quasiment le monopole de l'extraction des métaux précieux des terres rares, le quasi-arrêt de certaines unités industrielles a freiné la demande, et donc entraîné une hausse du cours des terres rares.

L’épidémie de coronavirus Covid-19, a actuellement fait plus de 3.000 morts à travers la planète, et plus de 90.000 pesonnes sont contaminées.

La propagation de ce virus grippal semble de plus en plus incontrôlable, au fur et à mesure que le nombre de pays où des cas de contamination augmente.
Le 02/03/2020 Par Moussa Diop