Economie

Croissance: l’Afrique résiste quand le monde subit un net repli

Le Fonds monétaire international a revu à la baisse ses prévisions de croissance au niveau mondial. Mais au niveau du continent africain, c’est globalement le statu quo en dépit de la montée inflationniste et de la dégradation de l’économie mondiale dans le sillage du conflit russo-ukrainien.

Par Moussa Diop
Le 27/07/2022 à 16h02, mis à jour le 27/07/2022 à 16h13
Economies africaines
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Le Fonds monétaire international (FMI) vient de mettre à jour ses prévisions de croissance suite à l’évolution du contexte économique mondial, affecté par la crise Russie-Ukraine. Selon les nouvelles projections de l’institution de Bretton Woods, la croissance de l’économie mondiale devrait baisser à 3,2% en 2022, contre une projection de 3,6% en avril dernier. Cette baisse est essentiellement provoquée par les Etats-Unis (-1,4 point de pourcentage) et la Chine (-1,1 point de pourcentage).

L’inflation forte ayant entrainé une baisse du pouvoir d’achat des ménages, le resserrement des politiques monétaires et le ralentissement du commerce mondial, sous l’effet du recul de la demande mondiale et des problèmes sur les chaînes d’approvisionnement, figurent parmi les facteurs à l’origine de ce ralentissement de l’économie mondiale.

Toutefois, en dépit de la crise Russie-Ukraine et son impact sur les cours des hydrocarbures importés par notre continent et des produits agricoles, l’Afrique subsaharienne affichera globalement une forte résilience. Ainsi, pour 2022 et 2023, l’institution financière maintient ses prévisions de croissance d’avril dernier pour cette région, soit des taux de croissance respectifs de 3,8% et 4,0%.

Si les économies africaines subissent durement les effets inflationnistes imputés grandement à la crise ukrainienne, le maintien des prévisions de croissance au niveau du continent africain, pris globalement, s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les prévisions de croissance du FMI concernant le continent en avril dernier étaient jugées globalement pessimistes pour de nombreux pays et semblaient ainsi prendre en considération les dégradations actuelles de ces économies.

Ensuite, il y a la bonne résilience des grandes économies africaines, qui retrouvent une certaine dynamique en dépit d’une conjoncture défavorable. C’est le cas du Nigeria dont le niveau de croissance en 2022 est maintenu par le FMI à 3,4%. L'institution améliore même légèrement la croissance du PIB du pays de 0,1 point de pourcentage en 2023 à 3,2%.

La première puissance économique du continent et premier producteur africain de pétrole tire profit de l’embellie des cours de l’or noir qui pèse à hauteur de 10% du PIB, mais qui a une influence beaucoup plus importante sur l’économie du pays, représentant plus de 80% des exportations et plus de 33% des recettes du budget fédéral. Le niveau élevé du cours du baril de pétrole qui se négocie actuellement (cours du mercredi 27 juillet 2022) à plus de 105 dollars est ainsi une aubaine pour l’économie nigériane.

L’Afrique du Sud aussi affiche une forte résilience avec une croissance revue à la hausse de 0,4 point de pourcentage à 2,3% en 2022 et le maintien de la prévision de 2023 à 1,4%. Les exportations et la demande des ménages sont parmi les moteurs de cette croissance.

Le bon comportement des économies de ces deux pays explique en grande partie le maintien du taux de croissance de l’Afrique subsaharienne. Parallèlement, le FMI a aussi relevé sa prévision de croissance pour l’Egypte en 2022 de 0,3% à 5,9%, tout en maintenant celle de 2023 à 4,8%.

A l’instar des grandes puissances du continent, de nombreux pays africains devraient afficher des croissances plus vigoureuses grâce à un hivernage globalement plus pluvieux dans certaines régions, surtout en Afrique de l’Ouest et au niveau de la zone sahélienne, avec un impact significatif sur l’agriculture qui demeure un pivot de la croissance pour de nombreux pays du continent. De même, certains pays producteurs de pétrole et de gaz devraient tirer profit de l'embellie des cours.

Par Moussa Diop
Le 27/07/2022 à 16h02, mis à jour le 27/07/2022 à 16h13