RDC: l'église catholique se fait l'avocat de l'opposant en exil Moïse Katumbi

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Le 04/05/2017 à 13h07, mis à jour le 04/05/2017 à 15h42

Le procès collé à Moïse Katumbi serait plutôt "un règlement de comptes purement politique". Telle est la conclusion du rapport de la Commission ad hoc sur la décrispation politique (CEDP) mise en place par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) remis au Chef de l'Etat, Joseph Kabila.

Alors que des sources officielles de la présidence de la RD Congo n'ont encore rien dit sur ce document, les médias tant nationaux qu'internationaux font de ce dossier leur choux gras en cette journée du jeudi 4 mai 2017.

Interrogé par le360 Afrique sur l'authenticité de ce document, le secrétariat général de la Cenco a préféré botté en touche, affirmant seulement que la primeur a été réservée au Chef de l'État.

Notons seulement que ce rapport fait état de "graves irrégularités" aussi bien dans la cause et l’objet du litige que dans la forme du droit, évoquant ni plus ni moins un "montage" du dossier judiciaire contre l'ancien gouverneur du Katanga dans le seul but de l'empêcher d'être éligible. 

A en croire la commission catholique, il y aurait une "incohérence" dans la chronologie des faits imputés à Moïse Katumbi dans l'affaire immobilière qui l'oppose au citoyen grec, Alexandros Stoupis.

En effet, rapportent les enquêteurs, celui qu'on assuse d'arnaque était tout simplement absent au moment des faits. Katumbi était parti en exil en 1997, soit près d'un an avant la signature de l'acte de vente et est revenu au pays plusieurs mois après le 25 Avril 2002, date à laquelle le conservateur des titres immobiliers aurait affirmé que le vendeur et l’acheteur ont comparu devant lui à Lubumbashi.

La commission dit avoir toutes les raisons de croire que ces actes et pièces pour lesquels l'ancien gouverneur du Katanga est mis en cause sont fabriqués dans le seul but de l’inviter à ce procès et le condamner. Au contraire, les problèmes de fond évoqués devraient en principe concerner l’État congolais et Raphaël Katebe Katoto, le demi-frère de Katumbi, jusque là détenteur du vrai titre non annulé et dûment reconnu par l'Etat".

Pour l'église catholique, il faut purement et simplement retirer le mandat d'arrêt à l'encontre de Moïse Katumbi, mettre fin à la "mascarade", laisser le président du Tout Puissant Mazembe rentrer en homme libre dans son pays et classer "sans suite" les poursuites en ce qui concerne l'affaire de recrutement des mercenaires dont l'intéressé fait également l'objet. 

Jusque-là le gouvernement de la RDC n'a émis aucun commentaire sur ce rapport.

Par Tshieke Bukasa (Kinshasa, correspondance)
Le 04/05/2017 à 13h07, mis à jour le 04/05/2017 à 15h42